Un après-midi de mars, près d’une vingtaine d’hommes échangent vivement sur l’égalité homme-femme dans une salle du Centre récréatif de Rivière-des-Prairies. Les opinions sont franches, certaines tranchées, d’autres modérées. Au final, assure-t-on, tous sortent grandis grâce au partage d’expériences entre personnes vivant des problématique parfois semblables.

Ce groupe de parole réuni le dernier samedi de chaque mois est l’une des activités du Programme de renforcement des compétences des hommes. Ce programme mis sur pied par le Centre de développement des compétences éducatives et des habiletés sociales (CDCEHS) il y a trois ans propose des activités d’entraide et de soutien aux hommes vivant divers problèmes à la maison, au travail ou dans la société en générale.

«En tant qu’homme, conjoint et parent, on a des difficultés à s’arrimer aux nouvelles réalités, surtout dans un contexte d’immigration», témoigne Djakaridja Koné, participant au groupe de parole pour une deuxième fois, mais participant régulier à d’autres activités du CDCEHS liées à l’éducation des enfants.

«L’activité me donne un portrait de la réalité, des conditions, des règlements, des lois et des droits ici, ce que je n’ai pas eu en arrivant», confie Marc Badang, venu du Cameroun il y a neuf ans. «Si on donnait cette information aux nouveaux arrivants, on éviterait sûrement divers problèmes conjugaux, familiaux ou interculturels», estime le participant depuis décembre dernier.

Détresse
Le directeur général du CDCEHS, Jean-Michel Piquant, voit venir des hommes avec toutes sortes de problèmes, comme des pères en «souffrance relationnelle», victimes de violence conjugale, en fuite ou contraints par la loi de s’éloigner de leur domicile.

Avec son programme, il espère prévenir leur détresse psychologique et les dysfonctions familiales. «Ici, c’est à la fois une école et un cercle de famille, de développement personnel, moral et social», expose l’instigateur d’un programme de développement de compétences parentales et infantiles à Saint-Michel et Montréal-Nord il y a des années.

«Il y a des violences dont des hommes sont victimes et dont on parle peu parce qu’un homme ne parle pas, ne pleure pas, ne peut pas se présenter comme un faible et doit toujours être fort. C’est là le problème. Pendant qu’on pense qu’il est fort, il se meurt.» – Jean-Michel Piquant

Reconnaissance
Pour ses participants, le programme est bénéfique pour tous et devrait être promu ainsi que préservé. Le directeur du CDCEHS plaide donc pour un meilleur financement et une reconnaissance du rôle de son organisme né en 2013.

«Ce dont nous avons besoin comme organisme, c’est d’avoir du soutien, de l’argent pour faire ce travail que peu de gens font. Pour le faire, il faut s’assurer d’une pérennité», revendique M. Piquant.

Plus tôt ce mois-ci, il expliquait à l’Informateur devoir partager un local avec un autre organisme à raison de deux jours par semaine, et transporter sans cesse ses dossiers avec lui.

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