Audrey Gauthier/TC Media Denis Coderre a décidé de sévir contre Sanimax.

Montréal veut se tourner vers les tribunaux pour serrer la vis à l’entreprise Sanimax. La Ville déposera deux injonctions permanentes contre la compagnie afin que celle-ci règle pour de bon le problème d’odeurs nauséabondes causées par ses opérations.

Depuis maintenant plusieurs années, des résidents se plaignent d’odeurs émanant de l’usine de Sanimax, une entreprise spécialisée en récupération de sous-produits alimentaires. Ses camions non couverts, utilisés pour transporter des restes d’animaux, ont d’ailleurs déjà déversé des carcasses dans les rues de l’arrondissement. Plusieurs citoyens regroupés au sein d’un mouvement citoyen de Rivière-des-Prairies demandaient aux élus de sévir, y voyant même un enjeu électoral.

«Assez, c’est assez. Nous avons voulu collaborer avec Sanimax, mais il ne nous écoute pas. Il nous disait que de fausses promesses. C’est le temps que ça change», lance Théo Vecera du comité de citoyens Sanimax SOS, anciennement le Rivière-des-Prairies Clean Air Community.

«Quand j’étais enceinte de ma fille, j’avais envie de vomir seulement avec l’odeur de Sanimax. Là qu’elle est née, c’est difficile d’aller faire des marches avec elle, car c’est dégueulasse avec les carcasses et les mauvaises odeurs», dénonce Natalie, une résidente voisine de l’entreprise.

«Ça sent le yable» Denis Coderre

Afin de régler le problème, l’arrondissement a tenté de discuter avec l’entreprise depuis près de cinq ans. Devant le manque de collaboration, l’administration a remis plusieurs amendes à Sanimax, dépassant les 800 000$. Toutes sont présentement contestées par la compagnie.

«Nous avons déposé plusieurs amendes et ça ne fonctionne pas. Nos discussions sont restées lettre morte. Nous avons un problème avec ce citoyen corporatif», affirme le maire de Montréal, Denis Coderre.

En juillet dernier, le maire de Montréal avait annoncé qu’il prendrait le dossier en main. Il a rencontré plusieurs citoyens et après une discussion avec son contentieux, il a décidé de sévir.

«Si c’est la seule façon que Sanimax va comprendre le message, c’est celle qu’on va utiliser», déclare M. Coderre.

D’ici quelques jours, la Ville de Montréal va déposer deux injonctions permanentes contre Sanimax. La première obligerait l’usine à investir dans ses installations et équipements afin de régler la problématique d’odeurs. La seconde forcerait Sanimax à respecter le zonage d’un terrain qu’elle utilise à proximité de ses installations.

«Je ne suis pas contre l’entreprise qui embauche 350 personnes, mais le développement social ne peut pas ce faire au détriment de la cohésion sociale», fait valoir M. Coderre.

«C’est une belle journée pour les résidents. Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone. Nous avons le droit d’avoir une paix d’esprit et une belle qualité de vie», indique John Brandone de Sanimax SOS, ajoutant que le comité va continuer ses démarches de son côté.

Le maire avoue que le recours à la justice va surement prendre du temps, mais il croit que les injonctions seront le moyen de venir à bout des problèmes dans ce dossier.

TC Media a tenté de joindre Sanimax, mais sans succès.

Des années de problèmes
Depuis 2012, les citoyens se sont plaints d’un problème d’odeur aux abords de l’usine de Sanimax. Un comité de citoyens s’est mobilisé pour demander à la compagnie «d’arrêter d’empuantir le voisinage».

L’entreprise a annoncé faire de nombreux investissements pour améliorer la situation, notamment en faisant le déchargement des cargaisons entre quatre murs au lieu d’en plein air. Selon celle-ci, elle aurait investi 70 M$ pour «améliorer l’usine».

En 2013, Sanimax a mis en place un service à la clientèle et a engagé une agente de liaison afin d’aller à la rencontre des plaignants.

Malgré tout, la situation ne s’est pas améliorée. La Ville de Montréal a imposé des amendes pour tenter de changer la situation, mais Sanimax refuse de les payer et le litige est toujours devant les tribunaux. Après cinq ans, les amendes dépassent aujourd’hui les 800 000$.

En plus des problèmes d’odeurs, des déversements de carcasses ont eu lieu dans les rues voisines de l’usine et ont fait la manchette, dont un au mois de mai et un en octobre,

En juillet, le maire de Montréal, lors de son passage dans l’arrondissement, a appuyé les démarches du comité citoyen et a annoncé qu’il prendrait le dossier en main.

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