Lucie ne veut pas faire vivre l’« enfer » à ses proches, comme son frère l’a fait avant de mourir du cancer, lui qui n’acceptait pas sa mort imminente. (Photo : Isabelle Bergeron)
Environ 11 ans après avoir reçu un diagnostic du cancer du sein, Lucie garde la tête haute. Même si elle a subi l’ablation de son sein gauche, elle continue d’espérer que le cancer la quittera définitivement. Des masses inconnues ont dernièrement été identifiées dans son sein droit. Elle doit rencontrer la médecin au début de novembre. Son idée est faite : si ces masses ne sont pas clairement bénignes, elle préfère subir une seconde ablation plutôt que de vivre dans l’angoisse.

Cette assurance, Lucie l’a gagnée au fil des années. Au début de 2001, lorsqu’elle a reçu son diagnostic, elle n’avait jamais eu d’ennuis de santé de cette ampleur. Elle avait alors 54 ans.

« J’ai eu beaucoup d’autres épreuves dans ma vie qui ont fait que celle-là c’était seulement une autre », tient-elle toutefois à préciser. « La vie, c’est un combat. »

Cette dernière maxime, elle se l’est fait sienne lorsqu’elle a appris que trois tumeurs logeaient dans son sein gauche. Entre la radiothérapie, qui pouvait au moins ralentir la progression des masses, et l’ablation pure et simple du sein, elle a opté pour la seconde option. Après tout, le médecin ne pouvait garantir le succès de la première.

« Je lui ai dit : “mets toutes les chances de mon bord” », relate-t-elle. Elle ne voulait pas jouer avec le feu, car sa famille dénombrait deux cas de cancer qui s’étaient avérés mortels jusqu’à ce jour.

Pénible rémission

Lucie s’est vite rendu compte de la sagesse de sa décision. Lorsque le chirurgien a coupé son sein, en mai de la même année, il a découvert que 11 de ses 12 ganglions étaient atteints par les métastases. Le cancer aurait pu facilement se répandre ailleurs.

Après l’opération, Lucie a dû endurer six mois de traitements de chimiothérapie. Mais les 20 traitements de radiothérapie qui ont suivi se sont révélés pires. Elle s’est rendue malade à cause de pierres à la vésicule biliaire qui sont devenues très douloureuses.

D’autres conséquences ont vu le jour dans la foulée de ces traitements. Pendant trois ans, Lucie a éprouvé de la difficulté à marcher. « En allant en Gaspésie chaque été, j’avais de la difficulté à débarquer de l’auto, j’avais des raideurs dans les jambes », raconte la Prairivoise d’origine gaspésienne.

En 2010, lors d’un déménagement, elle s’est blessée au bras gauche. Depuis ce jour, elle souffre d’emphysème, alors que ses tissus cellulaires enflent ce bras.

« Je ne nourris pas le négatif », dit celle qui est très résiliente face à son état de santé. « Si tu te mets à crier et à hurler, ça n’arrange rien. C’est l’acceptation, l’important, et l’amour autour de toi. »

« J’ai eu une vie bonne malgré les épreuves, ajoute-t-elle. J’ai eu la chance d’être sur mes deux jambes. »

Lucie veut surtout éviter de faire souffrir son entourage, qui, parfois, est plus en détresse que la personne malade.

« Mon mari vit des peurs plus fortes que moi », dit-elle en référence à l’accident vasculaire cérébral dont il a été victime.

« Je nourris le positif », répète-t-elle en pensant à son rendez-vous de novembre.

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