Emmanuel Delacour/TC Media Martin Giroux, chef de laboratoire de thérapie cellulaire au CETC.

Dans des laboratoires équipés à la fine pointe de la technologie, situés à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, ont lieu des recherches qui pourraient «révolutionner» la médecine telle qu’on la connaît.

Le Centre d’excellence en thérapie cellulaire (CETC) est précieusement gardé. Pour accéder aux «salles blanches», dans lesquelles on manipule entre autres le code génétique de cellules, il faut se soumettre à un rigoureux processus de décontamination. Seule cette formation peut prendre deux mois d’apprentissage… Rien n’est laissé au hasard.

Mais, le jeu en vaut la chandelle. Les études scientifiques menées sur place se font dans deux domaines qui relèvent presque de la science-fiction: la médecine régénératrice et l’immunothérapie. Ces traitements sur mesure pour les patients pourraient permettre de guérir les cas les plus difficiles.

«Certains cancers du sang sont réfractaires à la chimiothérapie. L’utilisation de greffon, dit lymphocytes T, provenant de cordons ombilicaux par exemple, peuvent offrir une alternative à ces traitements», explique Jean-Sébastien Delisle, professeur agrégé à l’Université de Montréal, hématologue et chercheur à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

En médecine régénératrice, les docteurs doivent travailler avec des cellules souches, qui ont la capacité de se transformer en n’importe laquelle des cellules du corps humain, afin de recréer des tissus pour la greffe. Or, celles-ci se retrouvent dans les embryons, ce qui pose des limites techniques et éthiques aux chercheurs.

Cependant, les recherches de l’équipe du CETC se penchent sur l’idée des cellules souches pluripotentes induites, qui offrirait la possibilité de transformer des cellules somatiques (de l’organisme humain) en cellules souches. Il s’agit d’une avancée majeure en biotechnologie, de «l’ingénierie génétique», souligne le chercheur.

Au total, une dizaine de projets de ce genre ont lieu dans les laboratoires du centre, dont cinq ont passé l’étape de l’estampillage par Santé Canada pour aller en études cliniques.

«Ces protocoles mèneront à des thérapies plus efficaces, qui pourront être utilisées plus tôt chez les patients», insiste le Dr Delisle.

Un environnement ultra-contrôlé
Manipuler des virus pour en faire de meilleurs outils thérapeutiques, ou même créer des gouttes ophtalmiques à partir du sang du patient pour éviter toute réaction indésirable, tout cela demande un environnement qui est constamment passé sous la loupe de l’équipe du CETC.

Le centre, qui procède à près de 300 greffons sur patient par année, est d’ailleurs l’un des seuls au Canada à avoir obtenu l’accréditation FACT (en anglais: Fondation pour l’accréditation de la thérapie cellulaire) de niveau deux.

En effet, dans les 14 salles blanches, l’air est contrôlé à la bactérie près, grâce à des filtres HEPA (en anglais: filtre à particules aériennes à haute efficacité). Il s’agit du plus haut standard, utilisé aussi dans les domaines de l’informatique et de la microélectronique.

Tout le matériel apporté en laboratoire est suivi grâce à un système informatisé. «Il serait possible de retrouver une des paires de pantoufles utilisées par un technicien à un moment donné précis trois ans plus tard», affirme Martin Giroux, chef de laboratoire de thérapie cellulaire.

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