Isabelle Bergeron/TC Media Normand Piché.

Normand Piché s’est lancé le défi «un peu fou» de relier les cinq continents à la nage. Pour cela, il devra parcourir 100 km et traverser 10 pays en 80 jours. Avant son départ en août 2016, il s’envolera prochainement vers le Mexique pour perfectionner son entraînement.

Le résident de Rosemont–La Petite-Patrie s’apprête à quitter le Parc olympique pour se confronter à l’eau salée des côtes mexicaines. Un palier supplémentaire à franchir dans son entraînement qui dure depuis maintenant un an.

Six jours par semaine, il enchaîne trois heures de nage en piscine. S’ajoute à cela, des sessions de natation en eau vive, principalement en Estrie.

Pour réaliser son expédition de près de 300 000$, M. Piché s’est entouré d’une équipe d’une vingtaine de professionnels, dont sa coach Anastasia Polito.

Cinq continents, 10 pays
Le tracé de l’aventure n’est pas encore complètement défini, mais M. Piché entend suivre les traces des précédents aventuriers.

Il devra franchir le détroit de Gibraltar entre l’Espagne et le Maroc, le Bosphore entre l’Europe et l’Asie, nager dans la mer Rouge, l’océan Pacifique et se frotter au détroit de Béring et à sa température d’environ quatre degrés.

La nage en eau froide représente d’ailleurs son principal défi, bien avant les méduses, requins et autres orques qu’il risque de côtoyer. «La température de l’eau est ce qui m’inquiète le plus, car je suis une personne frileuse!», lance-t-il.

Il se souvient d’ailleurs, sourire aux lèvres, d’un message envoyé par sa coach, le 31 octobre. «Elle m’a dit: « profite bien de ta douche chaude, car c’est la dernière avant un moment »».

Depuis le mois de novembre, il s’astreint à un régime «eau froide». Dans quelques semaines, il devra passer à des séances de bain en eau froide agrémentée de glace. «Il faut que mon corps s’acclimate petit à petit», ajoute-t-il.

À son programme aquatique s’ajoutent également des sessions de préparation physique pour prévenir le plus possible des blessures.

Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Portrait d’un nageur aux rêves de grandeur
C’est en retraçant le parcours d’athlètes olympiques lors des Jeux de Sotchi que l’idée a commencé à germer dans la tête du Rosemontois.

Mais, ce n’est qu’en visionnant le documentaire sur Philippe Croizon – un français amputé des quatre membres qui a relié les cinq continents à la nage en 2012 – que Normand Piché a décidé de se lancer.

«Je me suis demandé quel était mon rêve. Et, j’ai réalisé que c’était ce que je voulais faire, que c’est comme cela que je voulais vivre ma vie», note-t-il.

Le premier pas de ce nageur «récréatif» et triathlète a été de s’inscrire dans un club de natation, pour reprendre contact avec l’élément qu’il affectionne particulièrement: l’eau.

«Je n’avais pas nagé dans un club depuis deux ans et demi et l’ampleur du projet me faisait peur. Mais, je me suis dit: « pense plutôt à la façon de te rapprocher de ton rêve »», poursuit-il.

Aller au-delà de l’exploit physique
C’est dans le plus grand secret qu’il a donc commencé à avaler les kilomètres en piscine, à l’automne 2014.

«Je voulais doucement voir si le désir de nager était présent. Et, plus je nageais, plus je me sentais bien, plus je voulais nager», confie-t-il.

Après plus de six mois d’entraînement, l’athlète passe de 5 km de nage par semaine, à une moyenne hebdomadaire de 30 km.

Mais, boucler son «tour du monde la nage» n’est pas simplement une volonté de se dépasser physiquement.

C’est avec un volet environnemental et humanitaire qu’il aborde également sa traversée.

«L’eau rejoint et unit tout le monde sur la planète. Il faut la protéger. Quand je vois le monde jeter des déchets dans le fleuve à Montréal, cela vient me chercher», clame celui qui a arrêté de nager dans le fleuve après le déversement.

Le manque d’accès en eau potable pour plusieurs milliards de personnes sur la planète le touche également. C’est pour cela qu’une campagne de financement sur le site Makeachamp a été lancée pour récolter des fonds dans le but d’apporter de l’eau potable à ceux qui en ont besoin et de soutenir des projets durables.

Un documentaire est aussi en prévision, ainsi que 80 conférences dans les écoles secondaires, l’année suivant son retour, pour «expliquer aux jeunes l’importance de croire en ses rêves».

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