Johanna Pellus/TC Media Les camionneurs artisans voient leurs emplois en péril si le transport en vrac est dérèglementé.

Un peu partout au Québec les artisans camionneurs sont sortis bruyamment dans les rues aux volants de leurs dix roues pour aller remettre des lettres à leurs députés. Ils demandent à ce que soit arrêté immédiatement ce qu’ils appellent le courtage illégal dans le transport en vrac.

Selon le règlement en vigueur depuis 2012, les membres de l’Association nationale des camionneurs artisans (ANCAI) sont prioritaires sur 50% de transport en vrac sur les chantiers publics. Ils sont encadrés par un courtier, comme Transvrac. C’est lui qui paye leurs factures en fonction des tarifs règlementés.

Une manière de faire qui favorise l’économie locale et assure le plein contrôle sur les passations de contrats. Ils appréhendent que le règlement qui arrive à échéance en mars 2017 ne soit pas reconduit.

À Montréal, une quarantaine de camions ont circulé sur les rues de la métropole pour se rendre dans les bureaux de 26 élus provinciaux et demander la reconduction de la règlementation.

Emplois en danger
La situation actuelle a déjà ouvert la voie à ce que les membres de l’association appellent le courtage illégal. Ils voient maintenant leur gagne-pain de plus en plus menacé et craignent une déréglementation totale qui mettrait en concurrence tous les camionneurs.

«Nous voulons que le ministère mette tout de suite un terme au courtage illégal. Sur cette part des contrats, il n’y a aucun contrôle», s’insurge Gaétan Légaré, directeur général de l’ANCAI.

Au ministère des Transports (MTQ) on réfute toute volonté de dérèglementation et on considère qu’il est trop tôt pour parler des modalités de fonctionnement de cette activité. «Nous sommes à réfléchir comment maintenir l’encadrement du transport en vrac et pour le moment, tous les scénarios sont sur la table», explique Nomba Danielle, porte-parole du MTQ.

À l’ANCAI on observe un certain agacement face à une administration qui semble faire la sourde oreille. «Cela fait deux ans que nous demandons à parler au ministre sans succès», déplore M. Légaré.

Une consultation publique devrait avoir lieu avant l’échéance du règlement actuel. «Tous les intervenants seront écoutés dont l’ANCAI», relève Mme Danielle.

En attendant, les camionneurs artisans ont fait entendre les vrombissements de leurs moteurs et leurs klaxons.

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