Patrick Sicotte/TC Media Immigrante allophone à 3 ans, Lan Quach redonne aujourd'hui à la communauté en aidant les jeunes à développer leurs connaissances au Centre Kumon de Saint-Laurent.

Arrivée du Vietnam très jeune avec sa famille, ne parlant ni français ni anglais, Lan Quach a pris sous son aile son petit frère, l’emmenant au Centre Kumon de Saint-Laurent pour parfaire ses mathématiques. S’impliquant dès l’âge de 13 ans au sein de ce centre d’accompagnement pédagogique, elle en est aujourd’hui la directrice.

«Ma mère parlait seulement chinois et elle a appris qu’il y avait des cours pour mon frère, qui avait alors 10 ans. Je l’emmenais, je l’attendais, je le corrigeais», se souvient la jeune femme dans la trentaine. Comme elle avait de bonnes notes, sa mère ne jugeait pas nécessaire qu’elle suive également le programme.

Un instructeur lui a alors proposé de se rendre utile. C’est ainsi que la résidente de la rue Ouimet a commencé à travailler au centre. Son premier chèque s’élevait à 28 $.

«Lorsque j’étais rendue au cégep, j’ai fait plus d’heures. J’ai appris à gérer le stock et le personnel, à répondre au téléphone et à préparer des séances d’informations», indique celle qui est passée par l’école secondaire Saint-Laurent et le Collège Vanier.

Finalement en 2007, l’ancienne directrice du Centre Kumon propose un partenariat avec Mme Quach, devenue étudiante à l’Université McGill en nutrition. Elle souhaitait ainsi qu’elle lui succède après son départ à la retraite, trois ans plus tard.

Parallèlement, elle continue d’aider ses parents pour qui elle a toujours fait beaucoup de traduction. «Nous sommes les seuls trilingues de la famille», note-t-elle, pour souligner le point fort du Québec et en référence à ses cousins, qui ont immigré en France et en Australie.

Méthode individualisée
Mme Quach gère une équipe d’une trentaine de personnes, principalement des étudiants qui, comme elle par le passé, l’assistent dans l’encadrement des élèves et la gestion du Centre Kumon.

«J’aime tout dans ce métier, notamment le travail avec les enfants. Quand l’un d’eux a compris, son regard s’illumine», indique la directrice.

Le Centre Kumon propose un accompagnement personnalisé dès l’âge de 2 ans et demi en mathématiques et en anglais. Le but est de guider les quelque 350 enfants qui fréquentent l’institution de la rue Grenet pour qu’ils apprennent par eux-mêmes.

«Pour les petits, la première chose est de savoir s’asseoir tout seul, puis reconnaître les chiffres et les répéter. Ainsi, ils ont déjà les bases quand ils entrent à l’école», explique-t-elle.

Cette méthode, qui suit le rythme de l’élève, a été importée du Japon il y a 30 ans à Montréal. En plus de deux classes par semaine, des devoirs sont à faire tous les jours.

Le programme parascolaire fut un véritable coup de cœur pour Mme Quach, qui rapporte avec émotion les réussites de ses élèves, mais aussi leurs compliments, car une complicité se crée avec eux. Ils viennent de Saint-Laurent, mais aussi de plus loin, ne souhaitant par exemple pas quitter le Centre après un déménagement.

Cet automne, la Laurentienne fêtera sa vingtième année au Centre Kumon de Saint-Laurent, qui a ouvert en 1995. Présente partout au pays depuis une trentaine d’années, la méthode Kumon a été développée dans les années 1950 par un Japonais, Toru Kumon. Ce professeur de mathématiques avait élaboré des feuilles d’exercices pour son fils et, constatant leurs succès auprès du jeune garçon capable de se frotter au calcul différentiel et intégral en 6e année, il proposa cet autoapprentissage à d’autres enfants avant d’ouvrir un bureau à Osaka.

Plus d’infos
kumon.com/montreal-st-laurent/
514 744-6648

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