Le rendement des cultures de blé, maïs et soja, principalement au Canada et aux États-Unis, pourra être amélioré grâce aux innovations d’Inocucor. Spécialisée dans les produits biostimulants, l’entreprise basée au Technoparc de Saint-Laurent vient d’obtenir un financement qui pourrait atteindre 7,8 M$.

Pour l’instant, Ottawa a confirmé un octroi de 2,5 M$ pour le développement de Synergro Free, utilisé comme additif à d’autres produits, comme des engrais, et destiné aux grandes cultures.

Il y a dix ans, les fondatrices avaient commencé à mettre sur pied le Synergro, plutôt destiné aux cultures maraîchères, telles que les tomates, les fraises et les concombres. Cette formule complexe de microbes vivants active le «système immunitaire» de la plante, d’où son nom de biostimulant.

«La prévention est souvent plus efficace que le traitement», souligne l’une des fondatrices d’Inocucor, Ananda Lynn Fitzsimmons, dont les produits sont utilisés autant en agriculture biologique que conventionnelle.

Le soutien de Technologies du développement durable Canada (TDDC), un organisme indépendant du gouvernement qui investit dans les entreprises de technologies propres en démarrage, pourra bonifier le montant initial investi par le fédéral. L’objectif est d’améliorer l’efficacité et les capacités de la production ainsi que la commercialisation de Synergro Free auprès des grands agriculteurs nord-américains.

Expansion
Les produits microbiens d’Inocucor sont parmi les premiers à avoir été homologués par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), l’année dernière. Ils sont également utilisés dans une vingtaine d’États américains, notamment au Colorado, où l’entreprise laurentienne a ouvert un bureau de vente.

«Il s’agit d’une innovation bien canadienne, qui aura des retombées, car les technologies propres en agriculture nous aident à planifier l’avenir de notre population croissante tout en protégeant l’environnement», précise la députée de Saint-Laurent, Emmanuella Lambropoulos, qui a annoncé le financement, mercredi.

L’investissement sera également l’occasion d’agrandir l’entreprise, qui doublera sa superficie pour des laboratoires de recherche et de production atteignant ainsi près de 1900 m² sur la rue Frederick-Banting. D’une vingtaine d’employés, Inocucor devrait passer à une quarantaine.

Petite pousse
«Inocucor est une petite pousse en train de grandir, comme une plante», compare le chef de la direction financière, Bryan Wallis.

L’histoire de l’entreprise a commencé en 2007 alors qu’une de ses cofondatrices, Ananda Lynn Fitzsimmons, une spécialiste du jardinage biologique, expérimentait des méthodes de fermentation. Avec la Dre Margaret Bywater-Ekegärd, pathologiste moléculaire, elles ont fait passer les méthodes artisanales à un produit qui peut se reproduire à l’échelle industrielle.

«Nous voulions modifier le portrait de l’agriculture, même s’il est difficile de changer les modèles, de faire comprendre qu’il faut favoriser la prévention au traitement, explique Mme Fitzsimmons. Les effets des produits chimiques sont connus, il y a une volonté de les réduire, mais ce n’est pas évident sans alternative.»

L’alternative a donc été mise sur pied. Dans les laboratoires d’Inocucor, deux processus de fermentation, similaires à ceux pour brasser de la bière, permettent d’assembler des microbes et de donner des métabolites, des molécules.

«Comme nous utilisons des bactéries de la chaîne alimentaire, comme les probiotiques des yogourts, il n’y a aucun impact négatif sur les sols et la santé», précise M. Wallis.

Les produits ont même la capacité de régénérer les sols abîmés, une perspective qu’avait envisagée Mme Fitzsimmons, avant de constater l’intérêt des grands joueurs de l’agriculture pour les biostimulants.

Après beaucoup de financements personnels de la part de Mmes Fitzsimmons et Bywater-Ekegärd, l’arrivée du fonds d’investissement Cycle Capital, en 2012, puis du gouvernement fédéral cette année, permet de concrétiser le passage d’Inocucor dans la cour des grands.

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