Depuis 18 ans, la Laurentienne Caroline Touati sculpte ses émotions sur la pierre. Avec une soixantaine d’artistes, elle participera à l’exposition Divers-Cité au Musée des maîtres et artisans du Québec. Elle a pour l’occasion créé une œuvre unique, à l’image du multiculturalisme de Saint-Laurent.

«Ma sculpture représente avec son arbre nos racines communes, la Terre, et, comme les branches, nous évoluons ensemble avec nos différences d’origine, de religion, d’âge», souligne Caroline Touati.

Pour ce projet, l’arrondissement l’a inspirée. «Mes voisins viennent de Syrie, du Gabon, du Québec et du Burundi et nous sommes capables de vivre ensemble», explique l’artiste, elle-même arrivée de France.

Installée depuis trois ans à l’Atelier 213, à Laval, elle a développé une appartenance à ce groupe d’artistes, en plus de découvrir d’autres techniques, qui lui permettent par exemple d’insérer du métal dans ces sculptures.

Sur la dalle extérieure, qui permet la création d’œuvres monumentales au bord de l’A-13, Mme Touati a commencé l’été dernier Paix dans la diversité dans une pierre calcaire de Saint-Marc-des-Carrières de plus de deux mètres. Sa sculpture, comme celles de la trentaine d’artistes de l’Atelier 213 réalisées pour l’exposition, sera enregistrée à la bibliothèque nationale.

Inspirée par la pierre
Lorsqu’elle est arrivée à Saint-Laurent, une voisine lui a recommandé les ateliers d’Harry Rosen, au Centre des loisirs. «Dès la première sculpture, j’avais trouvé mon médium, se souvient Mme Touati. Et, encore aujourd’hui, tout commence quand je vais choisir ma pierre.»

Elle passe ensuite près d’une dizaine d’années à l’atelier de Jacques Bénard, à Côte-Saint-Luc. «Il fut majeur dans mon évolution, notamment par son enseignement technique, confie-t-elle. J’ai aussi commencé à utiliser des outils électriques.»

Au début des années 2010, elle découvre le style libre avec Eugène Jankowski. Avec ce sculpteur, qui a grandi à Val-d’Or et aidé de jeunes Inuits à redécouvrir leur art ancestral, elle commence à s’inspirer de l’inukshuk. «Je le transforme en animal, le mets en mouvement ou lui ajoute des ailes d’anges, précise-t-elle. Je suis reconnue pour ce style, ajoutant également des ailes aux corps de femme.»

Comme son dernier maître, Mme Touati s’implique dans sa communauté. Elle donne notamment des ateliers de sculpture sur pierre aux aînés de la résidence Les Verrières du Golf, dans Bois-Franc.

Travail
Une œuvre comme Paix dans la diversité représente beaucoup de travail, car le calcaire est très dense. «Pour une heure de sculpture, il faut compter deux à trois heures de sablage, indique Mme Touati. J’insiste beaucoup sur la finition, le polissage.»

Elle est donc passée à une roche plus tendre, la stéatite du Brésil, afin de réaliser Vague à l’âme, à la suite du décès de son père. «Je mets de la musique qu’il aimait, puis travaille les formes et les ouvertures, de manière plutôt arrondie.»

Elle crée également des sculptures plus figuratives, comme certaines qui seront exposées au Jardin botanique de Montréal ce printemps.

Divers-Cité
À l’occasion de la semaine d’actions contre le racisme, le Musée des maîtres et artisans du Québec accueillera deux collectifs, l’Atelier 213 et Xylon-Québec. Le thème de «La diversité culturelle dans nos cités enrichit tous et chacun» a inspiré 62 artistes sculpteurs et graveurs.
Le vernissage de l’exposition est le 21 mars, à 18h, au 615, avenue Sainte-Croix. Les œuvres seront visibles jusqu’au 22 avril, du mercredi au dimanche de 12h à 17h.

Pour plus d’infos: 514 747-7367 et mmaq.qc.ca

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