(Photo: Nouvelles Saint-Laurent - Justine Gravel) Les arbres qui pourraient être abattus pour permettre la construction d’un nouveau centre de données sont principalement des ormes et des frênes, mais également des peupliers en bonne santé.

La firme Cologix risque de devoir retourner à la table à dessin pour son projet de centre de données dans le Technoparc. Le comité consultatif d’urbanisme (CCU) de l’arrondissement Saint-Laurent a demandé des modifications pour diminuer l’impact sur l’environnement. Selon les plans préliminaires présentés la semaine dernière, la construction du bâtiment de trois étages nécessiterait la coupe de plus de 2000 arbres.

«J’ai fait le saut en voyant ce chiffre, avoue l’architecte et membre citoyenne du CCU, Mireille Shebib-Aubé lors de la séance du 1er août. Je pense qu’il serait possible de voir les alternatives pour diminuer le nombre d’arbres coupés».

Le terrain situé sur la rue Frédérick-Banting d’une superficie de 31 000 m2, soit l’équivalent d’environ trois terrains de football, comporte présentement 2169 arbres. Quelque 40% sont malades et correspondent aux critères d’abattage, si l’on se fie aux données recueillies par l’ingénieur forestier mandaté par Cologix. La balance serait considérée en bonne et moyenne santé, mais seulement 20 d’entre eux seraient conservés.

«Il y a toutefois une grande majorité qui est susceptible d’être éventuellement attaquée, considérant qu’il y a beaucoup de frênes et que l’agrile est présent sur le site, précise l’architecte paysagiste du projet, Carole Labrecque. Il y aussi beaucoup d’ormes qui sont appelés à dépérir».

Elle ajoute que la plupart n’ont pas atteint un stade de maturité élevé. «On parle de moins de 5 cm de diamètre. Habituellement, on commence à parler d’arbres à partir de 10 cm», soutient-elle.

Pour l’instant, Cologix compte compenser le déboisement par 183 nouveaux arbres, en raison de ce que l’espace permet. Mais l’entreprise est ouverte à planter d’autres espèces ailleurs dans le Technoparc.

Par ailleurs, le projet compterait maintenant 96 places de stationnement plutôt que les 114 prévues au départ. Les cases retirées feraient place à un aménagement paysager.

Étage supplémentaire
Pour limiter le nombre d’arbres coupés, les membres du CCU ont suggéré de réduire l’empreinte du bâtiment en ajoutant un étage.

Une alternative qui ne réduirait toutefois pas le nombre d’arbres à abattre, selon Mme Labrecque. «Ça n’aurait pas d’impact en raison de la topographie du terrain. Les arbres en bonne santé se trouvent sur une colline, au centre du site, qu’il faudra enlever quel que soit la dimension du bâtiment», dit-elle, ajoutant qu’aucun de ces arbres n’a une valeur suffisante pour être transplantés ailleurs.

Son confrère architecte, Stéphane Carrière, pense quant à lui qu’ajouter un quatrième étage nuirait à l’intégration de la nouvelle construction dans le quartier.

«Nous ne voulons par surplomber les édifices environnants. Selon nous, cette implantation est la plus raisonnable et elle correspond à ce qui est permis par l’arrondissement, dit-il. Nous avons aussi des besoins en termes de superficie de toit pour installer les équipements de climatisation nécessaires pour répondre à nos critères de performance».

La hauteur permise est de 30 mètres dans ce périmètre. Or, le bâtiment de Cologix s’étalerait sur 19 mètres seulement. «Ce serait donc amplement possible d’ajouter au moins un étage, soutient le conseiller Francesco Miele. Il faut faire un effort.»

Les architectes et Cologix comptent réviser leurs plans afin de s’assurer que le maximum a été fait pour conserver l’espace vert. «Nous voulons que ce soit gagnant des deux côtés et on veut travailler en collaboration avec l’arrondissement», souligne M. Carrière.

Les nouveaux plans devront être soumis à l’arrondissement pour qu’il puisse donner son aval avant le début de la construction.

La firme Cologix possède déjà sept autres centres de données à Montréal.

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