Nouvelles Saint-Laurent News/Johanna Pellus Le designer conceptuel en aéronautique Antoine Moreau teste les nouvelles simulateurs de vols de l'Aéro lab de l'école secondaire Saint-Laurent.

De jeunes Laurentiens pourront bientôt construire leur propre avion. Grâce au nouvel Aéro lab de l’école secondaire Saint-Laurent, ils apprendront à piloter sur un simulateur de vol et créeront un modèle réduit. L’objectif est de stimuler leur intérêt pour les sciences et, à terme, de combler des emplois en aéronautique.

L’initiative, portée par l’organisme Aviation Connection, est entièrement gratuite. Le Programme de Formation en Aéronautique (PFA) sera pour 45 élèves volontaires de Saint-Laurent, sur l’heure du midi et après leurs classes.

«Accrocher les formules complexes et abstraites que nous retrouvons en sciences ou en mathématiques à du concret comme piloter ou assembler un avion rend l’apprentissage plus facile et intéressant», souligne le président fondateur d’Aviation Connection, Camil Dumont.

Le seul défi pour l’école de la rue Decelles, fréquentée par plus de 600 élèves de secondaire 1 et 2, fut de trouver un local pour installer les sept simulateurs de vol. La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys fait face à une croissance des inscriptions et à un manque d’espace.

Le PFA a cependant été accueilli à bras ouverts et un local, trouvé en sous-sol. «Il va leur donner des ailes pour leur ouvrir les portes de la société», ose le directeur de l’établissement, Patrice Brisebois, dont les élèves sont en grande partie issus de l’immigration.

Lors de leur première année de participation au programme, les participants auront à leur disposition des simulateurs de vol X-Plane, un logiciel installé sur des ordinateurs dotés de trois écrans et de manettes de commande. Ils pourront ainsi comprendre les forces qui permettent à un avion de voler.

«Nos moniteurs sont tous des pilotes en devenir. En plus d’approfondir leur matière en l’enseignant, ils sont payés pour, 30 $ de l’heure», indique M. Dumont, lui-même pilote.

Pendant la deuxième et troisième année du PFA, les jeunes construiront leur avion à partir d’une base créée par le designer conceptuel en aéronautique Antoine Moreau, président de MAD Aerospace.

«J’ai pensé à mon parcours et, à leur âge, j’aurais tripé d’en fabriquer un, se souvient M. Moreau. En équipe de cinq ou six, ils devront faire l’avion le plus rentable, des balles de tennis faisant office de passagers et des plaques de métal, de bagages.»

Il assure que l’avion, fait de Styrofoam, pourra voler, mais «pas forcément droit». Une compétition réunira les équipes de Saint-Laurent, voire des quatre autres écoles participantes au PFA, lancé cette année.

Emplois
Pour financer le PFA et l’installation de l’Aéro lab composé de sept simulateurs à 1 200 $ chacune, Aviation Connection s’est constitué un réseau de partenaires dans l’industrie. À Saint-Laurent, Bombardier ainsi que la division de développement économique de l’arrondissement apportent leur soutien.

Le Comité sectoriel de main-d’œuvre en aérospatiale (CAMAQ), qui représente plus de 500 entreprises, insiste sur l’importance de tels programmes, puisque quelque 30 000 postes vont être à combler dans les années à venir.

«Nous avons 10 emplois très en demande: les machinistes, et ce, depuis une dizaine d’années, les assembleurs/monteurs de structures, les spécialistes du génie, mais aussi les ébénistes et finisseurs de meubles», indique la directrice générale du CAMAQ, Nathalie Paré.

L’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), le principal syndicat dans ce domaine, soutient également l’initiative qui évitera le décrochage scolaire.

«Je n’étais pas un étudiant hors pair, mais j’ai eu des 90 % et plus quand j’ai commencé un programme d’aéronautique, car tout prenait alors un sens», confie le coordonnateur québécois de l’AIMTA, David Chartrand.

Le syndicat offrira un rôle de conseiller. Certains membres pourraient être amenés à parler de leur travail aux élèves.

Si, présentement, surtout des garçons sont attirés par le PFA, Camil Dumont espère amener davantage de filles dans le programme, notamment grâce à des «midis aviation» qui leur seront consacrés. Des ponts seront aussi faits avec les enseignants en STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques).

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