Archives /TC Media Les salons de massage érotique que comptait le Red Light de l'ouest, situé sur le boulevard Décarie au sud du boulevard de la Côte-Vertu, se sont presque tous volatilisés.

Il y a cinq ans, les salons de massage érotique se multipliaient à l’intersection des boulevards Décarie et Côte-Vertu, à Saint-Laurent. Aujourd’hui, ils ont presque tous disparu. Portrait d’un quartier où l’industrie du sexe est en déclin.

En 2011, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLÉS) répertoriait 15 salons de massage érotique; des commerces qui avaient pignon sur rue et où la prostitution était fort probablement pratiquée.

La plupart de ces commerces se trouvaient sur les rues perpendiculaires au boulevard Décarie, à proximité de quartiers résidentiels, nichés entre les dépanneurs et les cafés du coin.

«Il y en avait beaucoup, on savait très bien où ils se trouvaient et on pouvait même reconnaître certaines masseuses lorsqu’elles se baladaient dans le quartier», raconte une femme qui habite le secteur depuis une vingtaine d’années.

Le changement de cap
Aujourd’hui, les travailleuses du sexe se font plus rares. Selon des résidents du quartier, les centres d’esthétique et de massothérapie s’en tiennent réellement aux services légitimes de soins pour le corps.

Un citoyen qui travaille dans un commerce du secteur confie qu’il y a quelques années le SPVM a fait une descente dans «cinq salons qui se trouvaient sur les rues Saint-Germain, de l’Église, MacDonald, et également dans un duplex du boulevard Décarie».

«Depuis, il n’y en a plus, on ne sait plus où ils sont et on ne voit plus les masseuses dans le coin», conclu le citoyen qui préfère garder l’anonymat.

Actions concertées
C’est à partir de 2012 que la situation commence à changer.

«Nous avons fait des interventions dans différents salons», explique l’agent sociocommunautaire du Poste 7, Pierre Fauchier, ajoutant que c’est l’application de nouvelles règles qui a permis de faire ce qu’il qualifie de «nettoyage».

En 2007, les élus de Saint-Laurent avaient modifié le règlement de zonage afin de s’assurer qu’il y ait une «définition de massothérapeute», mais ce n’est qu’à partir de 2012 que les autorités commencent à réellement l’appliquer.

«L’arrondissement a effectué des vérifications pour s’assurer que les massothérapeutes étaient bien membres de l’Association [des massothérapeutes du Québec] et que les salons possédaient réellement les certificats d’usage. Une dizaine d’interventions [policières] ont alors été menées», précise Josée Boudreau, chargée de communications à l’arrondissement de Saint-Laurent.

Les impacts de ces changements
Pour Anna-Aude Caouette, porte-parole de l’organisme STELLA, les fermetures de salons de massage érotique ont de quoi inquiéter.

«Ce genre de politique dit aux travailleurs du sexe que l’on ne désire pas d’établissement à caractère sexuel et ça fait en sorte que les femmes travaillent de façon clandestine».

STELLA, un organisme qui vise l’amélioration des conditions de vie des travailleuses du sexe, préfèrerait qu’il y ait des permis destinés aux salons de massage afin de mieux les règlementer et assurer la sécurité des travailleuses.

La ville-centre
Lorsque le maire Denis Coderre est entré en fonction, en avril 2014, il affirmait vouloir faire du problème des salons de massage une priorité.

Or, un an plus tard, on attend encore une politique claire sur cette question.

L’attachée de la responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Anie Samson, indique que «le moment n’est pas venu de discuter publiquement de ce dossier», elle précise aussi que les discussions se poursuivent entre les différents intervenants.

Éliane Legault-Roy, responsable des communications pour la CLÉS, un organisme qui critique l’industrie du sexe, considère «que l’on stagne depuis un an».

La loi fédérale adoptée le 6 décembre rend la prostitution illégale pour une première fois tout en accordant l’amnistie aux travailleuses du sexe.

«Un fait qui devrait permettre aux autorités municipales de se mettre en action. Le SPVM a besoin de directives claires de la part de la ville-centre», explique Mme. Legault-Roy.

Selon elle, la ville doit non seulement s’attarder à la fermeture des salons, mais également assurer un soutien aux femmes qui se retrouveront sans emploi.

En 2011, suite aux recherches effectuées par la CLÉS, on comptait 260 salons de massage érotique sur le territoire de Montréal. Les arrondissements les plus chauds étant Ville-Marie et Rosemont–La-Petite-Patrie.

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