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Le budget Leitao prévoit le retour à l’équilibre budgétaire en 2016. Pour y arriver, le ministre des Finances limitera la croissance des dépenses de deux vaches sacrées du Québec : l’éducation et la santé. Une décision qui ne fait pas l’unanimité dans l’ouest de Montréal.

M. Leitao a annoncé jeudi que son gouvernement augmentera les dépenses en éducation que de 0,2 % pour l’année 2015-2016. Cela représente une augmentation de 30 M$, en deçà de l’accroissement des coûts de système évalué à 3 %. Ce sont les pires compressions en 20 ans.

Ce n’est guère mieux en Santé. Le budget du ministère n’augmenterait que de 1,4%, la plus faible croissance depuis les 10 dernières années. Les deux tiers de cette augmentation de 461 M$ iront en hausses de rémunération aux médecins. Le reste sera consacré aux services à la population.

Le secteur de l’éducation devra faire des sacrifices
Les établissements d’enseignement peuvent s’attendre à des coupes au cours des prochaines semaines.

Contactée jeudi à la suite du dévoilement de ce budget, la commission scolaire Marguerite Bourgeoys (CSMB) s’est faite avare de commentaires et a fait savoir par courriel qu’elle attendra avant de juger. « Il nous est difficile de commenter avec précision seulement sur la base de la croissance annoncée. Nous retiendrons donc nos commentaires jusqu’à la diffusion des crédits, normalement prévue la semaine prochaine. »

La présidente de la CSMB, Diane Lamarche-Venne, n’a pas réagi à cette annonce. TC Media a tenté de la rejoindre, mais cette dernière est actuellement à l’extérieur du pays.

Du côté de la commission scolaire de Montréal (CSDM), la présidente Catherine Harel Bourdon a réagi rapidement contre ces nouvelles mesures. « C’est une catastrophe. […] On va se dire les vraies choses: il y a des postes qui vont être coupés. »

La présidente de la commission scolaire Lester B. Pearson (LBPSB) a qualifié d’«effrayant» le budget Leitao lors d’une entrevue accordée à TC Media, précisant que la LBPSB pourrait devoir sabrer dans les programmes destinés aux élèves aux besoins particuliers.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, se veut rassurant : « On s’aperçoit qu’on pourrait utiliser la même somme d’argent, de façon beaucoup plus ciblée, pour venir en aide aux enfants en difficulté. Également, faciliter indirectement la vie des enseignants qui ont à gérer ces enfants en difficulté. »

Le Syndicat des professeurs du Cégep Saint-Laurent craint tout de même des coupes. La présidente du Syndicat, Johanne Fraser s’est dit « catastrophée » et considère qu’avec ce budget, « nous sommes en train de couper dans l’avenir. […] Nous n’aurons plus le choix de couper dans les services aux étudiants. »

« Je dis toujours aux syndicats : soyez des agents de changement on a devant nous un défi important. On est capable de le relever si on est capable de s’entendre », conclut M. Coiteux.

Le budget Leitao «met la population en danger», selon un syndicat
Les acteurs du milieu de la santé s’inquiètent des impacts directs qu’aura le budget provincial 2015-2016 sur les patients. «Le déficit zéro et cette pauvre augmentation vont mettre en danger la santé de la population», s’indigne Josée Asselin, responsable politique pour la région de Montréal pour l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

«À cause du dernier budget, il y a eu des coupures dans les services de première ligne en santé mentale pour les enfants et les handicapés, il y a eu des fermetures de centres de jour pour les personnes âgées, il y a eu des réductions de service en prévention et en réadaptation. Si on continue de resserrer les dépenses, c’est certain à 200% qu’il y aura d’autres coupes dans les services aux plus vulnérables,» ajoute-t-elle.

L’Institut du Québec, créé par l’ancien ministre libéral des Finances Raymond Bachand, a déjà calculé que la hausse des dépenses annuelles en soins de santé devrait atteindre 5% pour assurer un niveau de services qui répondrait aux besoins de la population. L’APTS estime les manques à gagner cette année à plus de 800 millions de dollars.

Daniel Dubé, responsable pour l’APTS du CSSS de Verdun – Sud-Ouest, soutient que les coupes se feront notamment sentir dans l’efficacité et la rapidité des diagnostics. «Un diagnostic en santé mentale pour un enfant peut prendre jusqu’à deux ans. Maintenant, en abolissant des postes et en ne remplaçant pas les gens malades ou à la retraite, la situation va s’aggraver. Les listes d’attente vont allonger. Ça va se faire sentir à Verdun. Ça va se faire sentir dans l’Ouest-de-l’Île. Tous les établissements du Québec seront touchés.»

En collaboration avec Anne-Frédérique Hébert-Dolbec, Vanessa limoges et Catherine Vaillancourt

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