(Photo: La Voix Pop - Justine Gravel) Les quelque 200 militants ont déambulé sur l'avenue Atwater dans Saint-Henri avant de rejoindre les rues Notre-Dame Ouest et Saint-Jacques, en pleine heure de pointe.

La grande marche De villes en villages pour le droit au logement organisée par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui totalise 550 km en 28 jours, s’est arrêtée dans Saint-Henri ce jeudi. Près de 200 marcheurs se sont ralliés à la troupe qui a pris le départ d’Ottawa afin de sommer les gouvernements provincial et fédéral de mettre 50 000 nouveaux logements sociaux sur le marché québécois, dont 4 000 uniquement dans le Sud-Ouest.

Actuellement, ce sont près 5 000 ménages, uniquement dans Saint-Henri, qui consacrent plus de la moitié de leurs revenus à se loger, selon le dernier recensement réalisé en 2016. Il s’agit du quart de la population de ce quartier.

«Ce sont des gens qui doivent couper dans leurs autres besoins essentiels», se désole Patricia Viannay, organisatrice communautaire au POPIR-Comité Logement, un organisme de Saint-Henri œuvrant pour le droit au logement.

Selon elle, ces données s’expliquent par le phénomène d’embourgeoisement qui touche l’arrondissement depuis plusieurs années. «En apparence, on pourrait croire que le quartier se revitalise et que c’est une amélioration, mais pour nous, qui sommes en contact avec les personnes vivant des problèmes de logement, la situation empire. Les loyers augmentent plus vite que les revenus et les grands logements sont de plus en plus rares», soutient-elle.

C’est donc sous cette thématique que s’est déroulée la marche dans le Sud-Ouest. «Nos différents thèmes visent à mettre en lumière les besoins particuliers de chaque secteur», précise Véronique Laflamme, la porte-parole du FRAPRU. L’insalubrité, l’itinérance et le droit au logement pour les familles ont été abordés ailleurs dans la métropole.

Demande réaliste
Selon les données recueillies par le FRAPRU, 100 000 Montréalais ont des besoins impérieux de logements, soit parce qu’ils paient trop cher, soit parce que leur logement est en mauvais état.

«Ça démontre l’ampleur des besoins et c’est pourquoi nous sommes rendus à faire quelque chose d’aussi ambitieux qu’une marche de 550 km entre les deux capitales. C’est une première dans l’histoire du droit au logement et dans les 40 ans d’existence du FRAPRU», renchérit Mme Laflamme.

Les militants ont donc profité de la campagne électorale en cours pour faire entendre leur voix aux différents partis en lice pour former le prochain gouvernement.

«Nous leur demandons de prendre des engagements ambitieux. Malheureusement, le Parti libéral et le Parti Québécois nous promettent seulement de 3 000 à 5 000 nouveaux logements, tandis que la CAQ parle carrément de ne pas financer de nouveaux logements sociaux, déplore-t-elle. Ça donne l’impression que pour eux, ce n’est pas un enjeu important.»

De son côté, Québec Solidaire promet 50 000 nouveaux logements en quatre ans, ce qui va plus loin que la demande du FRAPRU, qui souhaite voir ce nombre d’habitations se concrétiser d’ici cinq ans.

«Pour nous, c’est un minimum, parce qu’on sait que ça ne répondra même pas à tous les besoins. C’est le nombre réaliste pour le moment», soutient Mme Laflamme.

Selon les militants, le logement social est la seule solution durable aux problèmes de locataires à faibles revenus, car il assure des loyers respectant leur capacité de payer et une sécurité.

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