Archives TC Media Le RESO n'aura plus le mandat de CLD. Cela signifie la perte d'un montant de 1 M$ soit environ le tiers de son budget.

Faire du développement local dans les arrondissements du Sud-Ouest, de Verdun et de LaSalle avec deux fois moins d’argent : c’est le défi qu’aura à relever le nouvel organisme qui remplacera les trois centres locaux de développement (CLD) desservant présentement ces territoires.

Le budget total des trois CLD, qui est d’environ 2,1 M$ devrait passer à 900 000$, avance Marc Cloutier, directeur du CLD de Verdun. Il précise toutefois que «la Ville de Montréal n’a pas encore donné le montant» dont disposera le futur organisme.

Pour le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO), qui avait le mandat CLD depuis 1998 pour l’arrondissement du Sud-Ouest, l’impact sera sévère avec une perte de 1 M$ soit environ le tiers de son budget.

Le RESO emploie 48 personnes. «En ce moment, on a émis 13 lettres de mise à pied», indique Guy Biron, vice-président au développement stratégique au RESO. Il parle de 17 postes coupés.

«Le RESO va continuer à exister avec les mandats qui vont lui rester», explique M. Biron. «Il faut qu’on revoit les façons de travailler avec les ressources qui vont nous rester», précise-t-il. «On ne sera pas capable d’en mener aussi large. Il va falloir choisir nos batailles.»

«On assiste à un démantèlement de toute la structure de développement local», dénonce-t-il.

Pensée magique
Tout n’est pas encore ficelé dans ce projet de réforme mis en place par la Ville, qui fait face à des compressions de 75 M$ imposées par le gouvernement du Québec dans le cadre du pacte fiscal transitoire.

«Le gouvernement donne la moitié du budget», déplore le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, qui estime que cela «handicape sérieusement le développement économique».

«Le maintien des services en coupant 55% des budgets, c’est une belle pensée magique», juge Marc Cloutier.

Directrice de Développement économique LaSalle, qui a le mandat CLD, Marie-Claude Dauray abonde dans le même sens. «Ce n’est pas l’entrepreneur qui est gagnant avec une coupure de 55%.»

Six organismes
Sur l’île de Montréal, les neufs CLD dont le mandat consiste à soutenir l’entrepreneuriat seront remplacés par six organismes locaux de développement économique. Le territoire de l’un de ces organismes englobera les arrondissements du Sud-Ouest, de Verdun et de LaSalle.

«Ce qu’on nous dit, c’est que le 1er avril il ce sera en place», explique Mme Dauray.

Le CLD de LaSalle, qui dispose d’un budget d’environ 450 000$, compte, six employés. Celui de Verdun, qui gère une enveloppe de 516 000$, a une équipe de cinq personnes.

«On risque de perdre du personnel, de l’expertise», s’inquiète Marie-Claude Dauray. «C’est sûr qu’il va y avoir des pertes d’emplois. Il ne faut pas se le cacher», lance Marc Cloutier. «C’est un mariage forcé, souligne-t-il. Si on avait le choix, on ne se marierait pas.»

Gouvernance
Au moment de mettre en ligne, des discussions se poursuivaient entre la Ville et les trois organismes ayant le mandat CLD quant à la gouvernance du nouvel organisme.

Des visions s’opposent. Le RESO, dont le modèle est «fondé sur le partenariat citoyen», plaide pour que cette notion demeure. Le développement économique, «ce n’est pas juste l’affaire des élus, mais aussi des communautés locales», insiste Guy Biron. «À l’intérieur de la structure, la société civile et les syndicats ne seront pas présents», comme c’est le cas au RESO, dénonce-t-il.

«L’économie sociale va se trouver marginalisée», craint Guy Biron, qui rappelle que le RESO a développé une solide expertise dans ce domaine. «On souhaite pour la nouvelle structure une gouvernance qui inclura tous les acteurs de la société pour que tous les secteurs du développement puissent trouver leur compte», dit-il, y compris l’économie sociale. Il réclame une structure qui «s’inspire des approches qui ont marché».

Marie-Claude Dauray souhaite «que la nouvelle structure respecte l’ADN des arrondissements».

Lors de la dernière séance du conseil, le conseiller municipal du Sud-Ouest et membre du conseil d’administration du RESO, Alain Vaillancourt, a déposé une motion en appui au RESO pour faire reconnaître son importance dans le cadre de la restructuration. Pour lui, il faut que l’on reconnaisse son expertise dans le développement de l’économie sociale et de la main-d’œuvre.

Naturellement, le RESO travaillera avec le nouvel organisme. Pour Guy Biron, «il faut que la nouvelle structure travaille en collaboration, en concertation».

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