Getty Images L’homophobie est chose commune en Russie. En avril dernier, une photo détournée de Vladimir Poutine a été officiellement bannie sous prétexte qu’il s’agit d’une insinuation sur «une orientation sexuelle non traditionnelle».

À l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, Métro présente le point de vue d’Alexander Artemyev, porte-parole d’Amnistie international (AI) à Moscou, sur la situation des gais en Tchétchénie.

Quelle est la situation des homosexuels en Tchétchénie?
Un climat d’intolérance et d’homophobie règne en Tchétchénie et est encouragé par les autorités. De soi-disant «crimes d’honneur» sont commis dans le nord du Caucase, plus précisément en Tchétchénie. Les hommes ayant «sali» l’honneur familial parce qu’ils sont gais risquent d’être tués par leur famille. De nombreuses vidéos d’une grande violence contre la communauté LGBT ont aussi été récemment diffusées.

Pourquoi cela arrive-t-il?
Bien qu’il soit impossible de vérifier de manière indépendante ce qui a provoqué cette escalade de crimes, le journal indépendant Novaya Gazeta a indiqué qu’il s’agit de représailles pour des tentatives d’organisation de défilés de la fierté gaie. Et les responsables de ces crimes jouissent d’une impunité.

Le gouvernement russe soutient-il de tels actes?
Les autorités tchétchènes réfutent toutes les allégations. Le porte-parole du leader tchétchène Ramzam Kadyrov, Alvi Karimov, a même déclaré : «Vous ne pouvez pas arrêter ou réprimer des personnes qui n’existent tout simplement pas dans la république.» La Russie a indiqué qu’il n’y avait pas eu de plainte déposée par les victimes, donc «qu’il n’y avait pas eu de crime».

Amnistie international a demandé une réaction urgente des autorités russes afin que des enquêtes indépendantes et impartiales soient menées et que les responsables de ces crimes soient poursuivis selon les normes internationales. [NDLR : Le président Vladimir Poutine a assuré jeudi dernier que l’ombudsman des droits de l’Homme devait s’entretenir avec les responsables de l’application de la loi au sujet des cas de torture signalés par des gais.]

«Nous pressons la Russie de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de toutes les personnes susceptibles d’être en danger en Tchétchénie.» – Alexander Artemyev, porte-parole d’AI

Plainte pour «génocide»

Alors que depuis le mois de mars, de nombreux meurtres présumés de gais ont été rapportés en Tchétchénie, trois associations françaises de protection des droits LGBT ont déposé hier une plainte pour «génocide» devant la Cour pénale internationale contre le président tchétchène Ramzan Kadyrov.

Les associations Stop homophobie, Mousse et Comité Idaho France ont aussi «interpellé les autorités françaises et européennes afin qu’elles fassent pression sur la Russie pour mettre un terme au génocide».

Le journal indépendant Novaya Gazeta a publié le 1er avril une enquête révélant une hausse des persécutions contre les homosexuels ainsi que l’existence de camps de concentration secrets où des centaines d’homosexuels seraient enfermés. L’objectif : «nettoyer» la société des gens aux «tendances sexuelles non traditionnelles».

Un autre média russe a rapporté que plus d’une centaine de gais ont été emprisonnés et torturés et que les forces de sécurité incitent leur famille à les tuer pour «laver leur honneur».

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