Atta Kenare/AFP Les États-Unis font le pari qu’ils remporteront le bras de fer économique et feront plier l’Iran avec ces nouvelles sanctions.

Les États-Unis ont promis lundi d’imposer à l’Iran les sanctions «les plus fortes de l’Histoire» pour qu’il se plie à une liste de 12 exigences draconiennes en vue d’un «nouvel accord» beaucoup plus vaste, après le retrait américain controversé du texte sur le nucléaire iranien.

«L’Iran n’aura plus jamais carte blanche pour dominer le Moyen-Orient», a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, en présentant la «nouvelle stratégie» après la décision fracassante annoncée le 8 mai par Donald Trump.

«Qui êtes-vous pour décider pour l’Iran et le monde? L’époque de telles déclarations est révolue», a réagi le président iranien Hassan Rohani, un modéré que le ministre américain a tenu à mettre, dans son discours, sur le même plan que les durs du régime.

Le «non» américain à l’accord conclu en 2015 par les grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) avec le régime de Téhéran pour l’empêcher de se doter de la bombe nucléaire a suscité la colère des Européens, qui avaient tenté, en vain, de négocier avec Washington des solutions pour le durcir et s’attaquer aux autres comportements iraniens jugés «déstabilisateurs» dans la région.

Cette décision implique le rétablissement total des sanctions américaines, avec un effet collatéral dénoncé par le Vieux Continent : les entreprises européennes devront abandonner leur présence en Iran si elles veulent garder l’accès au marché américain.

Des exigences «irréalistes»
«Il n’y a pas de solution de rechange» à l’accord sur le nucléaire, a réaffirmé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, estimant que le discours de Mike Pompeo «n’a montré en rien» comment le retrait américain pourrait rendre «la région plus sûre».
L’ex-directeur de la CIA a assuré que les États-Unis allaient exercer une «pression financière sans précédent sur le régime iranien», avec «les sanctions les plus fortes de l’Histoire».

Il a aussi promis de «traquer les agents iraniens et leurs alliés du Hezbollah dans le monde pour les écraser». Le ministère américain de la Défense a parallèlement envisagé de «nouvelles mesures» pour contrer l’influence iranienne au Moyen-Orient.

Mike Pompeo a émis 12 conditions dont il a lui-même reconnu qu’elles «peuvent sembler irréalistes».

Sur le volet nucléaire, les demandes américaines vont bien au-delà de l’accord de 2015 : l’Iran doit reconnaître la dimension militaire passée de son programme, cesser tout enrichissement d’uranium, fermer son réacteur à eau lourde et donner aux inspecteurs internationaux accès sans condition à tous les sites du pays.

Téhéran, a-t-il poursuivi, doit aussi mettre fin à la prolifération de missiles balistiques, ainsi qu’au développement et aux essais de missiles à capacité nucléaire.

Enfin, la République islamique doit se retirer de Syrie où elle soutient le régime de Bachar el-Assad, cesser de soutenir des groupes «terroristes» (Hezbollah libanais, talibans afghans), de s’ingérer dans les conflits ou les affaires de ses voisins (Yémen, Irak, Liban), ou d’en menacer d’autres, comme Israël ou l’Arabie saoudite, a énuméré Mike Pompeo.

Soutien réclamé
Le secrétaire d’État américain a réclamé le «soutien» des alliés des États-Unis à sa stratégie.

Tout en reconnaissant les difficultés des entreprises européennes, il a prévenu que celles qui conserveront des investissements dans des secteurs iraniens interdits par les sanctions américaines «seront tenues responsables».

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