Wikimedia Commons La température moyenne annuelle du toit vert de l’hôtel de ville de Chicago est inférieure de 4°C à celle des toits des bâtiments voisins, mais l’été, cet écart peut atteindre 17°C!

Les toits verts – c’est-à-dire couverts de végétation – permettent de rendre les bâtiments plus frais et plus écoénergétiques.

Les édifices écologiques et les toits verts sont devenus de nouvelles armes dans le combat contre les changements climatiques, des centaines de villes dans le monde faisant la promotion de techniques de construction respectueuses de l’environnement afin de réduire la pollution que génèrent les immeubles, des structures qui sont considérées comme étant les plus polluantes dans les métropoles.

Des données de l’agence américaine Energy Information Administration révèlent que les immeubles résidentiels et commerciaux génèrent 37% des émissions de gaz à effet de serre (GES) aux États-Unis, tandis qu’une étude réalisée par le Buildings Performance Institute Europe (BPIE) et l’université de Cambridge rapporte qu’en 2010, les édifices de la planète ont consommé 32% de l’énergie finale mondiale et ont été responsables de 19% de toutes les émissions de GES.

Selon les termes de l’U.S. Environmental Protection Agency, les édifices verts sont conçus pour réduire l’incidence globale du cadre bâti sur la santé humaine et l’environnement naturel en utilisant de façon efficace l’énergie, l’eau et les autres ressources. Ces constructions sont aussi censées améliorer la productivité des employés qui y travaillent et réduire le gaspillage et la pollution.

Un rapport publié cette année par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organisme onusien, note que les techniques de construction respectueuses de l’environnement laissent entrevoir «des économies d’énergie potentielles de l’ordre de 50 à 90% dans les constructions neuves et existantes». Par ailleurs, des technologies à haut rendement énergétique permettent d’envisager une réduction potentielle des émissions de CO2 de 20 à 45%, une augmentation de l’efficacité des infrastructures de 30 à 70%, une amélioration de l’efficacité en matière d’émissions de GES de 20 à 45% et une réduction de la demande de services de 20 à 40%.

Un moyen économique et efficace de participer à l’initiative des édifices verts est d’aménager des toits verts – c’est-à-dire de couvrir des toitures de végétation afin qu’elles soient belles et conservent l’énergie de façon optimale. Les spécialistes estiment qu’un toit vert offre plusieurs avantages publics, notamment une meilleure gestion des eaux pluviales, la réduction des îlots de chaleur, l’amélioration de la qualité de l’air, des économies d’énergie et la préservation de la biodiversité urbaine.

Selon des données d’une conférence de l’organisme Green Roofs for Healthy Cities, les toits verts captent de 70 à 90% des précipitation qui y tombent durant l’été, permettent de rafraîchir la température de l’air près de la surface (jusqu’à 16,4°C en moyenne) et réduisent le smog ainsi que la diffusion des poussières et des particules de matière dans la ville.

De nombreuses métropoles ont commencé à constater les avantages qu’offrent les toits verts. «Dans le monde, les immeubles verts sont de plus en plus nombreux, car on les considère de plus en plus comme des occasions d’affaires à long terme. Près de 51% des architectes, ingénieurs, entrepreneurs, propriétaires et consultants ayant participé à notre étude prévoient que plus de 60% de leur travail portera sur des immeubles verts d’ici 2015», révèle un rapport de la société d’analyse financière McGraw Hill intitulé World Green Building Trends 2013.

Questions-réponses avec Steven W. Peck, fondateur et président de Green Roofs for Healthy Cities

Quels problèmes urbains les toits verts peuvent-ils permettre de résoudre?
La population profite de plusieurs avantages concrets quand l’administration d’une ville instaure des politiques favorisant l’aménagement et l’entretien de toits verts. Parmi ceux-ci, on peut citer une meilleure gestion des eaux pluviales, la réduction des îlots de chaleur, l’amélioration de la qualité de l’air, des économies d’énergie, la préservation de la biodiversité urbaine, l’embellissement des quartiers, le développement de l’emploi local (emplois verts) et plus d’occasions d’aménagement d’espaces verts actifs et passifs. Avec un modeste investissement de 7,50 à 10$ par pied carré, plusieurs villes sont en train de tirer profit des toits sous-utilisés, surchauffés et laids de leurs édifices.

Combien coûte un toit vert?
Cela dépend du genre de toit vert ainsi que du type et de la nature de l’édifice. Il existe des systèmes simples et peu coûteux qui sont légers et qui demandent peu d’entretien, et il existe des systèmes plus complexes qui exigent structurellement une importante capacité de charge et utilisent une grande variété de plantes. Les toits verts dernier cri sont plus chers que les systèmes traditionnels, mais ils offrent de nombreux avantages publics et privés, comme une meilleure espérance de vie de la membrane et des économies d’énergie.

Quels progrès le secteur des toits verts a-t-il réalisés dans les dernières années?
Quand j’ai commencé à travailler sur le sujet, en 1997, il n’existait pour ainsi dire aucune documentation technique. Aujourd’hui, on estime que 20 millions de pieds carrés de toits verts sont aménagés annuellement en Amérique du Nord. Et il y a aujourd’hui 750 personnes qui ont mérité le droit de s’appeler des «professionnels des toits verts» après avoir suivi un programme de formation et avoir réussi un examen pluridisciplinaire. Ces gens connaissent les meilleures pratiques, qui permettent d’assurer le succès des projets de verdissement de toiture.

Il reste cependant beaucoup à faire afin de comprendre pleinement les nombreux avantages que comporterait le recours systématique aux techniques d’aménagement de toits et de murs verts partout en Amérique du Nord. Il s’agit aujourd’hui d’un mouvement mondial. Des douzaines de pays adoptent les technologies de l’architecture vivante pour tenter de résoudre des problèmes urgents, comme ceux liés aux eaux pluviales, aux îlots de chaleur et au manque d’espaces verts.

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