MWN Thorbjørn Jagland

Il est président du Comité du prix Nobel de la paix, mais sa tâche principale consiste à contrer le radicalisme. À titre de secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland voit à la promotion d’une «plus grande unité» en Europe. En entrevue avec Métro, il explique pourquoi la radicalisation est une menace aussi sérieuse.

Des politiciens tentent de s’attaquer au problème. Est-ce une nécessité et peuvent-ils vraiment trouver des solutions?
Ce qui m’inquiète beaucoup, c’est que des politiciens du courant dominant utilisent la situation pour marquer des points politiques. Le courant dominant est de plus en plus extrémiste. Ce qu’on désignait comme une attitude radicale il y a 10 ans est en train de devenir de plus en plus commun. Il y a trop d’exagération au sujet d’enjeux comme l’intégration, de part et d’autre. Le fait est que l’Europe d’aujourd’hui dépend totalement de l’immigration. Si tous les immigrants disparaissaient demain, ce serait le chaos. Les immigrants occupent bien des emplois dont les Européens ne veulent pas.

Pourquoi la société se protège-t-elle de l’extrémisme?
Lorsque vous faites d’un groupe le bouc émissaire pour tous les problèmes dans une société, vous tuez à petit feu ces gens. Dans mon propre pays, Anders Breivik a tué 77 personnes. Il n’aurait pu faire cela sans déshumaniser son groupe cible. Déshumaniser les groupes ethniques est un processus très dangereux, car au-delà d’un certain point, on ne peut pas l’arrêter.

Alors, nous avons à nous prémunir contre le radicalisme afin d’éviter que ne se reproduise ce qui est arrivé en Allemagne dans les années 1930.

C’est exact. Autrement, il arrivera un temps où les choses sont irréversibles et des forces obscures prennent le dessus. C’est ce qui est arrivé en Allemagne.

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