La  table est mise  pour des  élections

En laissant dégénérer le conflit étudiant, Jean Charest met sournoisement la table pour des élections. Il espère être perçu, à la faveur d’un appel aux urnes de plus en plus incontournable, comme le sauveur d’une situation devenue incontrôlable.

Avant que les choses ne s’enveniment davantage pour lui avec la commission d’enquête sur la construction, il prend en otage la seule cause qui lui est électoralement favorable – la cause étudiante – et fait hypocritement de celle-ci l’élément central d’un futur débat électoral, espérant ainsi faire oublier
à la population la longue liste des déboires de son gouvernement.

Mais il ne faut pas être dupe. Le conflit étudiant a été créé de toutes pièces et a été maintenu artificiellement jusqu’à aujourd’hui par Jean Charest lui-même. À cela vient s’ajouter comme par hasard son Plan Nord, cette grosse balloune qui lui permet de soutirer aux grandes entreprises minières des fonds pour le financement de sa campagne électorale.

Car Jean Charest n’a qu’une seule idée en tête : se faire élire pour un autre mandat. Que des étudiants perdent leur session, que Montréal soit vandalisée, que des étudiants et des policiers se fassent massacrés, que des millions de dollars soient perdus inutilement dans ce conflit, peu lui importe, pourvu que la population oublie pendant un moment la commission d’enquête et la corruption.

Autrement dit, toute la stratégie de Jean Charest dans sa gestion du conflit étudiant consiste à ce que celui-ci favorise sa réélection… Voilà une façon pour le moins machiavélique de vouloir à tout prix gagner ses élections! Surtout lorsque cela se fait sur le dos de ce que nous avons de plus précieux : notre jeunesse!

Devant autant d’acharnement d’un seul homme à garder le pouvoir, on ne peut que s’interroger sur le type de démocratie que nous avons. Disons qu’actuellement, le Parti libéral du Québec est le parti d’un seul homme et que ce n’est pas normal! Faisant preuve d’autoritarisme sans réserve, Jean Charest joue avec ses ministres comme avec des pions. Car il s’agit pour lui de gagner la partie : non pas celle du Québec, mais uniquement la sienne, et cela, envers et contre tous!

Pierre Desjardins, Montréal

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