Un peu de réalisme!

Malgré que cette loi soit très coercitive et très sévère, elle est, avant tout, une réponse au problème montréalais, où c’est devenu impossible de circuler, de travailler et de vivre… librement.

Depuis le début, ceux qui sont outrés et comparent le Québec à la Corée du Nord sont les mêmes qui ont contribué au non-respect des libertés individuelles et des injonctions. On se surprend aujourd’hui que la loi soit plus restrictive. Voyons donc, un peu de réalisme!

Lorsque je revois cette dame respectable de 70 ans qui sort du métro effrayée et inquiète pour sa sécurité, je me dis que c’est pitoyable! Pour moi, sa sécurité vaut les libertés fondamentales de tous ces enragés et bien- pensants qui, pour moins de 1 $ par jour, ont pris Montréal et le Québec en otages. Je veux bien comprendre leur combat et me dire que nous, parents, devons saluer et être fiers de l’éveil et de la fouge de cette jeunesse, mais dans la réalité quotidienne, ils nous ont fait vivre un cauchemar qui insé­curise et divise toutes les strates de la société québé­coise; ils ont finalement réussi à tuer leur message de liberté.

Dans cette optique, l’intention du gouvernement est de mettre des balises pour ramener la paix sociale. Nier cela et faire dériver le débat autrement est irresponsable.

Pour ces exaltés qui nous enseignent la démocratie à coups de bombes fumigènes, de désordre social et économique, d’intimidation et du non-respect de nos droits individuels, votre program­me électoral est prêt, présentez-vous!

Luc Tremblay, Montréal

Pour la démocratie

Le gouvernement libéral a contraint l’Assemblée nationale à adopter en urgence une loi matraque pour mater la contestation étudiante. Cette loi liberticide qui pénalise l’exercice de plusieurs droits démocratiques et introduit même la notion dangereuse de délit d’opinion, jette littéralement de l’huile sur le feu.

Cette loi est une manifestation grossière d’irrespon­sabilité de la part du gouver­nement. Elle résulte de l’incapacité et de la lâcheté d’un premier ministre entaché par la corruption, soutenu et financé par le grand patronat, mais incapable d’engager le moindre dialogue avec la jeunesse. Il n’échappe à personne que M. Charest a intérêt à ériger un épais écran de fumée devant le terrible embarras des pratiques de financement du Parti libéral, de la corruption dans l’octroi des contrats publics et des fréquentations mafieuses de ses ministres ou ex-ministres.

Par la démesure des sanctions punitives prévues et par le nombre incalculable de droits démocratiques qu’elle limite ou suspend, cette loi constitue une déclaration de guerre aux fondements démocratiques de notre société. En imposant la primauté du droit individuel, elle représente une attaque frontale aux droits collectifs.

Elle traduit le désir féroce du gouvernement de détruire le mouvement étudiant tout en affaiblissant les organismes qui sont leurs alliés naturels. Cette loi érige un état policier autour du monde de l’éduca­tion en menaçant tous ses acteurs de matraques judiciaire, poli­ci­ère et financière. Les parents et tous ceux qui ont une opinion contraire à celle du gouvernement sont passibles de poursuites pénales sévères uniquement pour l’avoir exprimée.

La société tout entière doit se mobiliser pour soutenir le mouvement étudiant et offrir une résistance concertée et réfléchie aux abus systématiques et aux graves atteintes à nos libertés fondamentales que contient la loi 78. Nous devons trouver les moyens de rendre son application inopérante, car elle est une véritable honte pour notre démocratie.

Amir Khadir et Françoise David, porte-parole de Québec solidaire

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