Métro Selon notre chroniqueur, les stages demeurent une mesure importante pour réduire le chômage chez les jeunes.

Les entreprises pourront bientôt accueillir plus d’étudiants en stage. Une bonne nouvelle si on évite certains écueils!

La semaine dernière, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a fait grand plaisir aux employeurs. Il leur a annoncé qu’à l’avenir, ils pourraient utiliser les fonds qu’ils doivent investir dans la formation de leurs employés en vertu de la «loi du 1%» pour créer des stages. Ceux-ci seront destinés aux étudiants en formation technique et universitaire, de même qu’aux adultes en situation d’apprentissage.

Les employeurs demandaient depuis longtemps des changements à la fameuse «loi du 1%», ou Loi 90, qu’ils considèrent comme étant un échec. Comme on le sait, la participation des travailleurs à des activités de formation est depuis longtemps plus faible au Québec que dans le reste du Canada. Pour corriger cette situation, la Loi 90 exige des employeurs qu’ils investissent 1% de la valeur de leur masse salariale dans des activités de développement des compétences. Les employeurs se plaignent que la loi n’a pas conduit à une augmentation des activités de formation et qu’elle a créé en plus des obligations de comptes rendus beaucoup trop importantes.

Ces mêmes employeurs reconnaissent cependant que les stages sont une façon efficace d’introduire de nouveaux talents dans leurs entreprises et de développer les compétences spécifiques dont ils ont besoin. L’annonce du ministre Blais a donc été très bien reçue par la Fédération des chambres de commerce du Québec et la Fédération des entreprises indépendantes. Pour les diplômés, un stage sert souvent de porte d’entrée dans une entreprise et permet de développer des habiletés impossibles à acquérir à l’école. Tout le monde semble donc avoir de bonnes raisons d’être heureux de l’annonce du ministre. Mais attention, l’expérience montre que bien des écueils menancent l’application d’une politique de stages.

D’abord, les stages ne peuvent remplacer la création d’emploi. Dans plusieurs pays où une politique de stages existe, dont la France et le Royaume-Uni, le chômage des jeunes est demeuré élevé simplement parce que le nombre d’occasions d’emploi a été insuffisant. Plusieurs jeunes dans ces pays vivotent d’un stage à l’autre sans obtenir un «vrai» poste. Le premier rôle du gouvernement est donc de promouvoir la création d’emploi pour les jeunes.

De plus, il est nécessaire de s’assurer que les stages servent vraiment au développement des compétences. Il est souvent tentant d’utiliser les stagiaires comme une main-d’œuvre gratuite ou bon marché pour accomplir des tâches anodines. Pire, dans certains cas, les employeurs ont embauché des stagiaires au lieu de rémunérer de nouveaux employés. Pour éviter ces écueils, les stagiaires doivent être supervisés par des employés d’expérience et il faut déterminer et évaluer clairement les compétences à acquérir.

Malgré ces écueils, les stages demeurent une mesure importante pour réduire le chômage chez les jeunes, car ils permettent de s’assurer que leurs compétences répondent aux attentes des employeurs et d’acquérir une expérience précieuse.

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