Josie Desmarais/Métro

D’aucuns en parlent comme si c’était la plus grande surprise universelle depuis le but de Claude Lemieux contre Mike Liut lors du septième match des séries de 1986. Pourtant, malgré l’incroyable remontée de Valérie Plante, méconnue de l’électorat il y a à peine six mois, on sentait néanmoins une tendance, irréversible, se créer depuis peu.

Arriva par la suite ce qui devait arriver. Sentant la soupe chaude et certainement pressé par une équipe paniquée, Denis Coderre ou ses seconds se sont mis à enfiler les coups de gueule trahissant, sans équivoque, cette même panique. Comparer Valérie Plante à Mélanie Joly, sérieux? Pas aussi comique, cela dit, que celle-ci : «Un vote pour Projet Montréal est un vote pour Québec solidaire.» Voilà qui s’annonce bien pour Manon et Gabriel…

S’ajoute à cela la recherche, visiblement désespérée, d’appuis de personnalités*. S’amène ainsi en trombe la vénérable Sœur Angèle. Recette douteuse (excusez-la), surtout que Projet Montréal allait opposer, «cook pour cook», Joe Beef.

Denis allait répliquer avec un petit groupe de milliardaires (ô combien représentatif de la population). Notamment Stephen Bronfman, associé depuis au… Paradise Papers. Pas le meilleur timing, disons.

Des excuses de Coderre, enfin, pour le fiasco de la Formule E. Denis Coderre qui présente des excuses, vous avez vu ça quand et comment, vous, en 30 ans de politique active? Odeur de panique, prise XYZ.

***

Maints commentateurs ont souligné le rôle joué par la soif de changement quant aux résultats obtenus. Que l’establishment se voudra, pour les prochaines élections provinciales, menacé. Que la population en a soupé (le culinaire, encore) des politiciens de carrière à la sauce Coderre. Que les déficits de notoriété sont aisément surmontables. Que l’indicible percée fémine sera, dorénavant, permanente. En bref, et comme le voulait la pub : tasse-toi mon’onc.

Indéniable, évidemment, qu’un plus grand nombre de femmes dans des positions de pouvoir était le bienvenue. Drôle d’entendre Yves Boivert nier, au micro de Radio-Canada, que Valérie Plante venait de fracasser le métaphorique plafond de verre. Le motif? Que les femmes avaient, depuis longtemps maintenant, le droit de vote. Hipelaye. D’abord, le Québec fut la dernière province à accorder ce droit et, dans tous les cas, on ne remonte quand même pas à Mathusalem, mettons. Ensuite, il s’agit de la première mairesse montréalaise en…375 ans. On peut arrêter là.

Au-delà de la percée féminine, qui pourrait évidemment s’assurer d’une certaine pérennité, pas sûr, cela dit, que l’actuel vent de changement saura donner un autre paysage aux prochaines élections provinciales.

Parce que la bête municipale est plutôt distincte. Pas aussi facile de se créer un parti, style Richard Bergeron (quelle claque reçue, sérieux), dans le temps de le dire. Et que le temps presse. Du moins pour les prochaines.

Parce qu’à moins que je sois atteint de forte cécité, difficile pour moi de voir une Valérie Plante dans les formations actuellement en place. GND ou Manon? À voir, mais loisible d’en douter.

Parce que remplacer Couillard par Legault, comme le veut le dernier sondage, m’appert d’un autre acabit que le changement pur.

* Plusieurs emploient le terme de «personnalités publiques», ce à quoi je me refuse. Vous en connaissez plusieurs, des «personnalités privées», vous?

@F_Berard

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