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Surpris? Sans farce? Eh ben. L’État de droit s’effondre pourtant, morceau par morceau, partout en Occident. Et qui dit effondrement de l’État de droit dit, essentiellement, triomphe du populisme et consécration de l’arbitraire. La suite? La violation de droits fondamentaux à des fins purement électoralistes. La suite de la suite? L’implantation graduelle et subreptice de mesures fascisantes.

Voilà ce qui arrive quand on attaque l’État de droit à répétition. Qu’on vomit, systématiquement, sur les institutions judiciaires. Qu’on crache, quotidiennement, sur «l’idéologie des droits». Qu’on s’essuie les pieds sur les libertés civiles et autres droits universels.

Réduite au rang de pestiférée, la règle de droit constitue, aux yeux de l’imaginaire collectif, un pur parasite. Facile alors pour le politicien populiste d’en contourner l’essence au nom du «bien commun».

Conséquemment, la mesure «trumpiste» de séparer parents et enfants constitue, tout simplement, la plus récente illustration d’un État de droit qui fiche le camp. Sous nos yeux. Dans l’indifférence la plus totale. Englués dans un gênant confort.

Je charrie? Pense pas. Vous étiez au courant que ce même Trump avait proposé, en pleine campagne, l’adoption d’un Muslim ban visant à expulser les musulmans du territoire américain, right? Que ces derniers allaient devoir s’enregistrer dans un fichier style nazi et porter un signe distinctif? Que l’Autriche vient de procéder à la fermeture illégale de mosquées? À l’expulsion d’imams? Et que l’Italie refuse une embarcation de migrants, avant de s’en vanter internationalement? Et que la Hongrie donne l’ordre à ses soldats de faire feu (vous avez bien lu) sur quiconque traverse la frontière sans identification?

Qui, au fait, s’est déjà offusqué de ce qui précède? Mais bon, ça nous regarde pas, hein? Trump est un débile et pis l’Europe, c’est l’Europe.

Nous? Ben voyons. Rien à voir…

Drôle, parce que la rhétorique employée par certains identitaires ressemble étrangement à celle constatée à l’étranger. Des immigrants ILLÉGAUX! hurlent à tout crin maints chroniqueurs identitaires paniqués à l’idée de demandeurs d’asile exerçant leurs droits. Parce que oui, il s’agit bien d’un droit. Celui de demander l’asile, et ce, peu importe la façon par laquelle on entre au pays. Voilà ce que prévoit le droit international. Bête de même. Conclusion? PERSONNE N’EST ILLÉGAL. J’entends déjà crier au meurtre les angoissés de la nation…

Drôle aussi, parce qu’hier encore, Le Devoir publiait un sondage démontrant que les Québécois avaient davantage peur de l’immigration que de la pollution. Hilalala.

Drôle enfin, parce que le parti qui prendra vraisemblablement le pouvoir en octobre prochain propose, on ne peut plus publiquement, un «test des valeurs» visant à déporter quiconque échouera à cette évaluation des plus arbitraires. Bref, vu notre maison de verre, pas sûr que nous sommes actuellement en position de lancer des roches.

***

Une surprise, donc, la récente mesure «trumpiste»? Ah? Parce qu’il s’agit d’enfants? Bah. Les sondages internes obtenus par la Maison-Blanche témoignent assurément d’un appui chez l’électorat visé. Parce qu’on viole les conventions internationales sur les droits de l’enfant? Re-bah. Mais qui se soucie de l’État de droit? Personne. Et à bien y penser, la violation de celui-ci ressemble étrangement au concept du 5 à 7. Tu sais quand ça commence, mais rarement quand ça se termine…

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