V, capture d'écran Le show de Rousseau

Une semaine après son entrée en ondes, c’est difficile de ne pas parler d’un constat d’échec dans le choix du nouvel animateur pour le talk-show de fin de soirée à V en remplacement d’Éric Salvail.

Ceci n’est pas une pointe envoyée en direction de Stéphane Rousseau, mais force est d’admettre que l’humoriste n’est pas particulièrement à l’aise dans son nouveau fauteuil, un peu comme ses invités dans leurs chaises sur le plateau.

C’est normal qu’une nouvelle émission cherche ses repères lors de ses premiers épisodes, c’est même souhaitable parce qu’on veut voir les productions s’adapter et s’améliorer. Stéphane Rousseau et Sonia Cordeau ont une chimie à développer et un rythme à trouver. Tout ça, c’est normal et ça ne serait pas honnête de couler l’émission pour ce genre d’ajustements.

Mais, dans le cas du Show de Rousseau, le malaise est plus grand. C’est la présence même de Stéphane Rousseau qui semble irréconciliable, car malgré son charisme, sa bonne humeur et son côté sympathique indéniable, Stéphane Rousseau n’est pas un animateur, n’a jamais été un animateur et il a été lancé sur un plateau qui demande de lui qu’il soit en mesure de mener des entrevues et l’exercice est une catastrophe depuis le début de la semaine.

Pourtant V a fait des pieds et des mains pour aider son animateur avec une brochette d’invités impressionnante et des annonces exclusives pour fabriquer du buzz autour de cette nouveauté et créer une fausse impression d’émission incontournable à voir parce que tout peut arriver.

Sauf qu’à part des malaises, des amorces douteuses sur le physique des invités féminines et l’absence remarquée de Sonia Cordeau mercredi et jeudi, il n’y a pas grand intérêt à syntoniser le Show de Rousseau.

C’est tôt et l’émission pourra s’ajuster, j’imagine, mais je me demande pourquoi V n’a pas plutôt misé sur un animateur qui a déjà fait ses dents en télé comme Phil Roy, par exemple, qui était sur la liste des animateurs potentiels avant la nomination de Rousseau.

Encore une fois, c’est la triste démonstration que nos décideurs pensent en fonction des vedettes avant de plancher sur le contenu de leur grille et V, en pariant sur la notoriété de Stéphane Rousseau, rate complètement sa cible.

Un talk-show, c’est un tremplin pour créer de nouvelles vedettes. Les Américains l’ont compris avec Jimmy Fallon, par exemple. Ici, on se trouve plutôt un prétexte pour mettre un humoriste populaire en ondes même si, sans critiquer ses choix de carrière, ledit humoriste n’œuvre presque plus au Québec depuis plus de dix ans déjà.

Peut-on sauver le Show de Rousseau? Oui, mais, semble-t-il, que la télévision dans la nouvelle direction de V n’est pas un médium de son temps, mais plutôt une lente agonie vers l’insignifiance. C’est triste, mais le public ne se renouvellera jamais si Le show de Rousseau est la tête d’affiche d’une chaîne.

Au moins, mince consolation, Madame Jigger n’est pas présente… pour l’instant.

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