HBO Jennifer Garner et David Tennant dans Camping

Dimanche soir, HBO présentait une nouveauté quand même attendue puisqu’elle marquait le retour à l’écran de Jennifer Garner dans un rôle télévisuel plus de dix ans après Alias et, surtout, le retour de Lena Dunham et de Jenni Konner – les idéatrices derrière la série marquante Girls.

Depuis la conclusion en 2017 de l’aventure Girls, Dunham était plutôt discrète à l’écran et se tournait plus du côté des conférences et des publications. Elle préparait sans doute sa vie après Girls, et Camping, l’adaptation d’une série britannique, est le premier pas vers la suite des choses.

Alors, c’est quoi Camping? C’est un drôle de moineau après un épisode.

Jennifer Garner campe une mère contrôlante et narcissique qui organise, pour la fête de son mari, une fin de semaine de camping avec famille et amis. On comprend rapidement que les relations ne sont pas harmonieuses entre tout ce beau monde et même loin du New York de Girls, on reconnaît vite les préoccupations de Dunham dans le texte comme la relation avec les médias sociaux, l’éclatement de l’individu au lieu de la collectivité et une certaine forme d’obsession de la perception de soi projetée sur les autres. Tout ça sur une ritournelle de «je-me-moi» que fredonnent tous les personnages.

Ainsi, un périple en camping est une occasion de raconter sa vie, ses angoisses, meubler son compte Instagram et exacerber des relations fragiles qui, forcément, ne seront pas fonctionnelles dans un huis clos comme un cercle de tentes dans le milieu de nulle part.

Par contre, c’est difficile de sauter dans le train de Camping puisque l’ensemble des personnages ne nous est pas sympathique. Contrairement à Girls, qui s’attardait à la vingtaine d’une poignée d’individus imparfaits, on gravite ici autour d’adultes dans la quarantaine qui, forcément, devraient mieux se comporter que ça. Ça provoque une drôle de relation entre le public et la production quand, à la base, le sort des personnages nous indiffère.

Il resterait la comédie pour nous rallier, mais là aussi, on rate un peu la cible, et le ton se nourrit à même les malaises provoqués par toutes ces choses qui font qu’on se détache vite de la proposition.

Ce n’est pas forcément une formule gagnante.

Je ne suis pas prêt à tout de suite rejeter la série d’un coup, mais je n’ai pas l’impression que les choses vont se replacer quand je me demande, après un épisode, ce qu’on veut me dire au juste et à qui on s’adresse avec ce portrait peu flatteur d’une cellule familiale trop spécifique.

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