L’été 2015 restera gravé dans toutes les mémoires (ou presque). Denis Coderre a lancé sa chaîne YouTube et Luc Ferrandez et ses élus diffusent leurs conférences de presse sur Périscope (le service vidéo Live de Twitter). Qui utilise la meilleure arme et qui est sorti gagnant des premiers «rounds»?

Avant d’y répondre, étudions d’abord les forces en présence. L’Équipe Coderre utilise la plateforme de visioconférence instantanée Google Hangouts qui permet de voir les conférences de presse en direct et de les archiver sur YouTube. Un chargé de communications du maire enregistre donc les principales allocations des élus de la majorité grâce à une petite caméra et se branche sur la console de son pour enregistrer les discours.

Malgré quelques pépins techniques, l’image et le son sont généralement de bonne qualité et obtenus à faible coût. Regardez la comparaison entre la caméra de la Ville (à gauche sur la photo) et celle de Radio-Canada à 50 000 $.

caméra Coderre

«Si le but est d’archiver des discours, c’est la bonne stratégie. Hangouts est, par rapport à Périscope, l’outil qui se rapproche le mieux d’une démocratie qui réfléchit, car il reste des traces des interventions plus longtemps qu’avec Périscope (24 h)», indique Martin Lessard, spécialiste en stratégies web et médias sociaux.

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Par contre M. Lessard note que l’archivage des interventions de l’Équipe Coderre force indirectement à avoir un contenu un peu plus protocolaire. Les interventions Périscope de Projet Montréal, qui sont réalisées avec un téléphone intelligent, donnent davantage une impression de spontanéité et de proximité avec les citoyens.

D’ailleurs, Projet Montréal permet les interactions en direct avec les internautes, ce que ne permet pas l’Équipe Coderre qui a bloqué cette fonction sur Google Hangouts, même si elle pourrait changer d’avis. «À l’avenir, on pourrait même organiser des scrums à distance, mais on veut être bien rodés avant», indique l’un des attachés de presse de Denis Coderre, Louis-Pascal Cyr.

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Selon Guillaume Cloutier, l’un des chargés de communication du parti, Projet Montréal utilise Périscope pour faciliter le travail des journalistes, mais aussi pour sa souplesse d’action. L’outil  permet aussi à l’équipe Ferrandez de contrer la chronique hebdomadaire du maire Coderre et de tenter d’influencer l’agenda politique au lieu d’être constamment en mode réaction face aux annonces du maire de Montréal.

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Si ces deux technologies peuvent être utiles d’un point de vue professionnel, le contenu diffusé n’a rien de viral, note Martin Lessard. La chaine Coderre ne totalise en moyenne qu’une centaine de clics par clip et que Projet Montréal n’en comptabilise en moyenne que 70 (lectures en différé comprises). Ceux qui voient le verre à moitié vide noteront qu’il reste du travail à faire aux deux partis pour attirer les citoyens sur leurs plateformes vidéo.

Ceux qui voient le verre à moitié plein remarqueront que RadioCanadaInfo réalise souvent des scores similaires sur sa chaine YouTube, sauf quand il s’agit de polémiques. À quand donc des vidéos virales de la part de Coderre ou Ferrandez, histoire de rendre la politique municipale une coche plus distrayante?

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