youtube «Le plus récent clip de M.I.A., Double Bubble Trouble, marche sur la corde raide entre provocation et esthétisme», souligne Nicolas Tittley.

M.I.A. donne de nouveau dans la provocation avec le vidéoclip de la chanson Double Bubble Trouble.

Ce n’est pas d’hier que M.I.A. cherche à provoquer à travers le médium du vidéoclip, et pour la chanteuse, la provocation sert (presque) toujours un message.

Parfois, il s’agit d’affirmation de soi, comme lorsqu’elle montre des femmes voilées au volant de voitures dans le clip de Bad Girls, histoire de narguer l’interdiction de conduire que subissent les femmes en Arabie saoudite. Mais lorsqu’il s’agit de dénoncer la violence, les images se font plus dures : on se souviendra de Born Free, dans lequel le réalisateur Romain Gavras avait illustré la chanson en présentant un génocide perpétré contre les roux (!), qui avait valu à la chanteuse d’être bannie de YouTube.

Le plus récent clip de M.I.A., Double Bubble Trouble, marche sur la corde raide entre provocation et esthétisme avec un mélange d’images-choc acollées à des éléments de culture pop.

L’un des thèmes majeurs abordés dans l’album Matangi est l’obsession de la sécurité au prix de l’effritement des libertés individuelles. Nous vivons dans une société de plus en plus policée et surveillée, où les caméras de sécurité et les drones peuvent nous identifier en tout temps, ce que M.I.A. dénonce avec virulence (et une certaine paranoïa, si l’on en juge par la référence à George Orwell, «1984 is here», qu’on peut lire dans la vidéo).

Le clip s’ouvre sur un reportage télé qui nous apprend qu’avec les avancées technologiques de notre époque, il est maintenant possible d’utiliser une imprimante 3D pour fabriquer des armes à la maison. À partir de cet élément (réel), M.I.A., qui a réalisé elle-même le clip, imagine des bandes de jeunes hooligans arpentant un quartier populaire de Londres, des armes colorées à la main. Le fait que ces armes semi-automatiques ont l’air de jouets, avec leurs couleurs criardes qui s’accordent au reste de l’esthétique mise de l’avant par la chanteuse, ajoute au malaise. Et si vous avez été à la fois troublé et diverti, c’est que M.I.A. a gagné son pari.

Sing, de Ed Sheeran
Nostalgiques des Sentinelles de l’Air ou de Capitaine Scarlett, Ed Sheeran a le clip pour vous!

C’est du moins ce qu’on peut croire pendant les premières secondes du clip de Sing, dans lequel le rouquin chantant est remplacé par une marionnette qui conduit (vite et mal), boit (trop) et chante (fort). Mais nous ne somme pas dans une monde de pantins, puisque seul le personnage principal en est un.

Les autres personnages, des «salary men» japonais chantant du karaoké, des filles de party et, bien sûr, Pharrell Williams (parce qu’en 2014, il semble impossible de faire un clip à succès sans sa présence), sont tous bien réels et ne semblent pas se formaliser du fait qu’ils font la fête avec une poupée. Reste un clip amusant qui ressemble à un croisement entre Sesame Street et The Hangover.

Retrouvez Nicolas Tittley à l’émission Haut-parleurs, le mercredi à 20 h 30, à MusiquePlus, ainsi qu’à Cliptographie et à MusiMax illustré, à MusiMax.

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!