Le saucisson, la pancetta, les tournedos et, parmi mille, le bacon, c’est mal. On n’avait pas besoin de l’Organisation mondiale de la santé pour savoir ça. Depuis des années, les nutritionnistes nous rappellent de réduire notre consommation de viande, plus spécifiquement de viande rouge, et d’éviter les aliments transformés.

La viande, ça n’augmente pas seulement les risques de cancer. C’est mauvais pour le cholestérol, c’est rempli d’hormones dont on méconnaît les conséquences sur la santé humaine, ça pollue et par-dessus tout, ça implique de la cruauté envers les animaux. Jusque-là, ça allait. On pouvait continuer à manger de la viande, la culpabilité nous glissant sur le dos comme de l’eau sur le magret d’un canard. Mmm. Un magret de canard.

Se faire dire que le bacon est cancérigène? Ah, là, ça va trop loin. Un pavé dans la mare. Que dis-je? Une bombe. Comment ose-t-on ainsi remettre en question ce délice suprême? C’en est trop. On s’empresse de relativiser. De nuancer les statistiques qui affirment qu’on a plus de chances d’avoir le cancer si on mange du beef jerky ou des cretons. On montre du doigt les vilains journalistes qui affectionnent les titres alarmants du genre «Le bacon fait plus de victimes que l’amiante» ou «La viande rouge : aussi mortelle que la cigarette».

Des nutritionnistes qui passent leur vie à nous inciter à remplacer quelques portions de viande par des lentilles ou du tofu dissipent nos craintes : il n’est pas question de ne plus jamais manger de bacon de votre vie, là! Vous pouvez en manger de temps en temps et continuer à parsemer vos salades César de flocons de carton à saveur de bacon. Il n’y a rien de mal à manger une bonne pointe de pizza au pepperoni de temps en temps. On s’efforce de nous rassurer, comme si être privé de viande était la PIRE chose qui pouvait nous arriver au monde!

Pourquoi prend-on tant de précautions pour dire que la viande pourrait s’avérer nocive pour la santé alors qu’il s’agit d’une vérité de La Palice?

Le mangeur de viande impénitent déteste se faire rappeler à quel point il pèche lorsqu’il se «clenche» un bon steak sur le BBQ. Il préfère se faire offrir des solutions de rechange, comme les paniers de viande biologique élevée dans le respect de l’animal, imaginant qu’on a chanté une berceuse à son carré d’agneau avant de l’envoyer au paradis des moutons. Il choisira des viandes sans nitrites, parce que Dieu sait que les nitrites, peu importe ce que cela veut dire, c’est le mal incarné. Il se laissera convaincre que si c’est écrit «country naturals» sur un paquet de saucisses, c’est que c’est un bon paquet de saucisses pour lui.

Mais surtout, surtout, ne lui dites pas que le bacon, c’est mal.

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