Comme rien n'est parfait, le visuel extérieur générique est le point faible de la Cruze Eco.

Une consommation de 5,7 L/100 km sur l’autoroute, c’est bon – surtout avec une vitesse constante de près de 120 km/h. Roulions-nous avec une voiture hybride? Une diesel? Pas du tout : nous étions au volant d’une Chevrolet Cruze Eco.

La compacte Cruze en variante Eco profite de ce dont devrait profiter toute Cruze – et toute Chevrolet, d’ailleurs : une réduction de poids (44 kg), des réglages aérodynamiques (pensez obturateurs de calandre) et des ajustements au groupe motopropulseur. Conséquence : la cote annoncée, soit 4,6 L/100 km, patauge en plein dans le carré de sable des voitures hybrides et diesel. Ce n’est pas rien, pour une voiture dont le prix débute à 19 495 $.

Certes, notre virée Toronto-Laurentides a consommé légèrement plus qu’annoncé : une moyenne de 5,7 L/100 km presque exclusivement sur l’autoroute, mais c’était à un cheveu sous les 120 km/h. Et tout le monde le sait : réduisez à 100 km/h, et vous épargnerez 20 % en carburant. Si nous avions scrupuleusement respecté la limite, nous l’aurions fait, notre 4,6 L/100 km.

La meilleure canadienne

Notre Cruze Eco, que nous avons conduite sur 1 328 km, s’est en tout temps montrée docile, solide et confortable. Surpris? Pas nous : lisez notre chronique «Une Coupe Grey pour la Chevrolet Cruze»
(6 décembre 2010), où nous vous disions à quel point la compacte, même en variante de base, nous avait impressionnés par son habitacle hautement soigné et ses belles qualités de routière. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis de remporter, l’an dernier, le titre de Meilleure nouvelle voiture canadienne décerné par l’Association des journalistes automobile du Canada.

Avec la Cruze Eco, nous avons apprécié la douceur et la profondeur de la motorisation – un quatre cylindres turbo de 1,4 L qui développe 138 chevaux. Les accélérations sont linéaires et très respectables, à condition de ne pas hésiter à rétrograder la boîte manuelle six vitesses, sinon les dépassements risquent d’être problématiques. Autrement, cette transmission se passe de façon onctueuse, dans une belle surprise de manipulation.


Plus grande que la moyenne

Sur l’autoroute, les dimensions de la Cruze, plus larges et plus longues que la ma-jorité des autres compactes (vous devriez voir l’ampleur du coffre : jusqu’à 20 % de plus que la concurrence), lui accordent une belle assurance. Et à moins de lire la fiche technique, on ne peut soupçonner la présence d’une poutre de torsion en guise de suspension arrière. Au contraire, la balade se fait douce, sans être bondissante.

Même après tous ces kilomètres, nous trouvions encore les sièges confortables. Nous avons aussi apprécié l’insonorisation de l’habitacle, digne d’une berline intermédiaire. Comme rien n’est parfait, il nous faut vous dire que le visuel extérieur est le point faible de cette voiture. La calandre «Chevrolet» manque de raffinement, et le latéral fait dans l’anonymat. Rien pour distinguer la Cruze dans un stationnement bourré d’élégantes Hyundai Elantra ou de sexy Ford Focus.

Mais le générique n’a jamais tué personne. Tout au plus la Cruze vieillira-t-elle plus vite qu’une autre. Mais elle demeurera une grande routière, frugale en carburant (surtout dans sa livrée Eco) et sans compromis côtés espace et confort. De quoi déloger les canons de la catégorie – et là encore, ça n’est pas rien.

Pour

  • Grande frugalité
  • Insonorisation digne d’une intermédiaire
  • Comportement routier solide

Contre

  • Design extérieur anonyme
  • À quand une variante à hayon/familiale?
  • Pas de démarrage sans clé  – dommage…

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