À cheval entre le centre-ville et le Vieux-Montréal, sur la rue De Bleury, le Tiradito nage en eaux péruviennes et japonaises, et nous surprend avec de belles découvertes fraîches et enivrantes.

Mais attention, «ce n’est pas de la cuisine fusion», nous prévient-on. Le Tiradito fait plutôt dans la cuisine Nikkei, une tradition culinaire péruvienne influencée par l’arrivée dans ce pays de travailleurs japonais vers la fin des années 1800. Malgré les éléments clairement nippons – poisson cru style sushi, miso, shichimi – le Nikkei est une cuisine péruvienne à part entière, nous assure-t-on.

Le restaurant est le fruit d’une collaboration entre David Schmidt (concepteur du réputé bar à cocktails style tiki le Mal nécessaire), le chef Marcel Larrea (anciennement du Mezcla) et de son partenaire d’affaires David Dumay, tous deux créateurs de l’excellente sandwicherie péruvienne Sandouchon.

Nous nous attendions donc à un heureux mélange de bonne bouffe et de cocktails impeccables. Nous n’avons pas été déçus.
Avec son gros logo art deco en néon et son ambiance tamisée, le Tiradito rappelle justement le Mal nécessaire, tout comme l’offre de cocktails, aussi délicieuse que créative. On s’asseoit le long d’un immense comptoir et on pique une jasette avec le cuisinier qui confectionnera nos assiettes.

Le restaurant offre une sélection de plats sous forme de tapas – attendez! attendez! Oui, nous sommes tout aussi las de la mode des tapas que vous, mais dans ce cas-ci, c’est justifié. Vous voudrez essayer plusieurs assiettes pour vous familiariser avec cette cuisine assez unique.

On commence avec un ceviche de vivaneau. Celui-ci baigne dans le leche de tigre (lait de tigre), une sauce salée et citronnée avec piment amarillo. Le centre du poisson reste cru, puisqu’on opte pour des morceaux de poisson plus épais qu’avec le ceviche traditionnel. Des tranches de patate douce viennent couper l’acidité et nettoyer le palais. Un plat 
mémorable.

Ensuite, la causa, sorte de pâte de pomme de terre et de lime kaffir rehaussé de saumon fumé et servi avec une mayonnaise au sirop d’érable. Les bouchées ressemblent à des sushis, et la texture de la causa rappelle le mochi. D’origine autochtone, réinventé par les colons espagnols puis réinterprété ici à la manière Nikkei, c’est hallucinant.

Les crevettes croustillantes sont amusantes, enduites de sriracha et de farine bao puis entourées de languettes de rouleau printannier avant d’être frites. Parfait pour grignoter en sirotant un cocktail.

Nous finissons avec le papa rellena, sorte de boule de purée de pomme de terre et d’œuf frite, farcie au bœuf mariné au miso. Un peu lourd, avec sa mayonnaise, pour terminer le repas, mais encore une fois très bien réussi.

Bref, une soirée au Tiradito, c’en est une d’exploration, d’apprivoisement d’une culture culinaire assez obscure et inusitée, mais facile d’approche et accueillante comme le Soleil levant caressant le pied des Andes.

Tiradito
1076, rue De Bleury

En résumé

  • L’occasion. Soirée d’amoureux ou double date. Le format bar se prête peut-être moins bien aux gros groupes.
  • Les prix. Entre 6 $ et 14 $ par assiette. Prévoir au moins quatre assiettes pour deux personnes.
  • Nous avons aimé. Chaque bouchée est une découverte.
  • Nous avons moins aimé. 
Les plats avec du leche de tigre (le ceviche et le tiradito) se ressemblent beaucoup, étant donné le goût puissant de cette sauce somme toute délicieuse.

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