Flickr/Mike Mozart

MONTRÉAL — De plus en plus de multinationales de l’alimentation retirent certaines marques de produits transformés du marché canadien. Cela pourrait entraîner une diminution du choix pour les consommateurs, craint la Faculté de management de l’Université Dalhousie.

Dans sa plus récente étude sur les prix des aliments en 2017, l’université de la Nouvelle-Écosse, qui réalise des études à ce sujet depuis sept ans, s’inquiète de ce phénomène qu’elle a baptisé le «syndrome Skippy».

Les chercheurs y soulignent que l’entreprise américaine Hormel Foods, par exemple, a cessé de distribuer au Canada son beurre d’arachides Skippy. Elle cite également le cas des biscuits aux capuchons de chocolat Dad’s de Mondelez International.

«Ça dure depuis une dizaine d’années, puisque les épiciers mettent beaucoup en valeur leurs marques privées. Ils leur donnent de plus en plus de place sur les tablettes. Pour les multinationales, c’est devenu de plus en plus difficile de marchander avec les grandes bannières. Alors, soit qu’elles décident de payer davantage, soit qu’elles décident de laisser tomber le marché canadien», a résumé au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne le professeur Sylvain Charlebois, auteur principal de l’étude.

Il s’attend à ce que cette tendance se poursuive. Les consommateurs auraient donc moins de choix dans cette section du supermarché.

Le phénomène laitue

Pour ce qui est des produits alimentaires en particulier, l’étude de Dalhousie a constaté ces derniers mois une importante hausse du prix des laitues et du céleri, un peu à l’exemple de ce qui avait été constaté pour le chou-fleur l’an passé.

Cette fois, le «phénomène laitue» est dû aux intempéries qui ont frappé la Californie en avril et mai. Après avoir vécu une sécheresse depuis 2013, la Californie a reçu énormément de pluie l’hiver dernier, anéantissant plusieurs récoltes. La baisse des inventaires, jumelée à une demande accrue pour les légumes verts au printemps, a fait grimper les prix de la laitue et du céleri.

«Les prix ont augmenté pour ce qui pousse près du sol», a avancé le professeur Charlebois.

Viande

Pour ce qui est de la viande, l’équipe de Dalhousie a comptabilisé une hausse des prix de 11 pour cent entre janvier et mai 2017.

«La saison des barbecues a vraiment motivé les épiciers à augmenter leurs prix», constate-t-il. Les chercheurs ont remarqué une hausse de prix pour certaines coupes qui pouvait atteindre 20 pour cent depuis janvier dernier.

Et encore: «on s’attend à un rebond pour ce qui est des prix. Les inventaires ne sont pas aussi élevés qu’on anticipait. Les prix à la ferme augmentent dans le boeuf, dans le porc. Et, habituellement, quelques mois plus tard, on voit les prix augmenter», analyse le professeur Charlebois.

Baisses surprises

Pour ce qui est du poisson et des fruits de mer, on a assisté à une baisse des prix de l’ordre de 4 pour cent entre janvier et mai 2017, selon l’équipe du professeur Charlebois.

Et pour les produits laitiers et les oeufs, l’équipe a enregistré une baisse des prix de 9 pour cent.

«C’est vraiment une question de ‘loss leader’: les supermarchés utilisent de plus en plus le comptoir des produits laitiers pour attirer les consommateurs chez eux, puisque le comptoir des produits laitiers est toujours au fond d’un magasin, et on utilise les produits laitiers comme appât», explique le professeur Charlebois.

L’équipe de Dalhousie a remarqué d’importantes disparités de prix entre ses propres constatations et celles de l’Indice des prix à la consommation (IPC). Il se questionne sur la méthode utilisée par Statistique Canada ou sur les produits qui ont été échantillonnés, parce que son équipe est loin de constater certaines baisses de prix avancées par l’organisation.

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