Josie Desmarais Léo Gerbelli-Gauthier

Sensible à la problématique de l’isolement des personnes âgées, Léo Gerbelli-Gauthier est bénévole pour Les Petits Frères depuis 2012. Ce qui était un stage dans le cadre de ses études en travail social s’est mû progressivement en une vraie amitié: près de 
6 ans plus tard, le jeune homme de 24 ans est toujours jumelé avec la même vieille dame.

Comment en êtes-vous venu à faire du bénévolat pour 
Les Petits Frères?
En 2012, au début de mon baccalauréat en travail social à l’Université de Montréal, j’avais un cours intitulé Introduction à l’intervention, dans le cadre duquel je devais faire un stage. J’ai alors commencé mon bénévolat aux Petits Frères, un OSBL qui vise à briser l’isolement et l’exclusion des personnes âgées. Au départ, c’était en lien avec mes études, mais depuis cinq ans, ça ne l’est plus, et je continue une fois par semaine.

Est-ce qu’il y a une sorte de profil type des «vieux amis»?
Souvent, ces personnes âgées sont isolées socialement de leurs familles et n’ont pas beaucoup d’amis. C’est triste à dire, mais elles n’ont pas de liens sociaux et vont surtout être en relation avec des infirmières ou des préposés aux bénéficiaires qui viennent chez elles pour les soigner. Cela crée aussi du lien, mais si ce sont les personnes qu’on voit le plus souvent, cela signifie l’on ne voit pas tant de monde que cela! Avec l’âge, il y a aussi le fait que ces aînés ne sont pas en santé. Ça n’aide pas à remédier à la solitude si on éprouve de la difficulté à se déplacer.

Votre bénévolat se résume-t-il à aller faire la conversation?
C’est beaucoup plus que ça. Comme pour toutes les relations, celle-ci s’est développée avec le temps. Au début, j’allais juste chez cette dame pour discuter. On a appris à se connaître et on a bâti un lien de confiance. Maintenant, on fait aussi toutes sortes d’activités. Chez elle, si le besoin se présente, je vais l’aider. Des choses classiques: parfois, il faut changer la pile de son horloge ou encore les piles de sa télécommande. Parfois, je m’occupe de la vaisselle ou je lui fais à manger. Autrement, c’est sûr que la majorité de la relation, c’est de la discussion. Je cherche à savoir comment elle va. Même chose de son côté: elle me fait parler de moi, de ma blonde ou encore de ma famille. On a aussi un intérêt commun pour les plantes. On parle musique, même si on a des goûts très différents. C’est vraiment un rapport qui est réciproque; je n’y vais pas pour faire de l’intervention sociale.

«L’isolement des 
personnes âgées est vraiment une réalité 
qui me touche et que 
je souhaite contribuer 
à améliorer.» –Léo Gerbelli-Gauthier

Vous faites donc ce que vous avez envie de faire ensemble…
Exactement! Au cours de ma visite hebdomadaire, on sort aussi beaucoup dans le quartier, car je trouve que sa santé ne lui permet pas toujours de le faire toute seule. Elle prend mon bras et peut ainsi marcher plus facilement. On va prendre un café puis je lui demande ce qu’elle veut faire. On va au Jean Coutu et à l’épicerie. Je porte ses sacs. Ça, c’est le déroulement classique. Selon ses besoins, on peut aussi organiser une plus grande sortie pour, par exemple, aller en auto chez l’opticien ou aller magasiner des bottes d’hiver au centre commercial.

Que vous apporte cette amitié?
L’isolement des personnes âgées est vraiment une réalité qui me touche et que je souhaite contribuer à améliorer. Au-delà de cela, c’est un lien social vraiment important pour moi. Mon amie m’apprend beaucoup, notamment sur la résilience. Elle a eu une vie difficile, mais elle est de bonne humeur en permanence et trouve toujours un bon côté aux choses. Évidemment, au fil des ans, on a aussi développé de l’affection l’un pour l’autre. Dans la rue, on me demande souvent si c’est ma grand-mère. Je réponds que non, mais je n’ai jamais vraiment envie de dire que c’est du bénévolat parce que pour moi, ça fait longtemps que ça n’en est plus. Si, demain, pour x raison, je n’étais plus en relation avec Les Petits Frères – cela n’arrivera pas, mais admettons –, je continuerais de la voir.

En rafale

Un livre qui vous a particulièrement marqué? Pour qui sonne le glas, d’Ernest Hemingway.
Quel a été votre dernier 
voyage? Je suis allé à Chicago en septembre pour rendre visite à ma sœur qui vit là-bas.
Montréal en trois mots?  Multiculturel, espaces verts et chaleureux.

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