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Ces 30 dernières années, le nombre de personnes en formation dans un pays autre que le leur a quadruplé.

Si plusieurs de ces étudiants étrangers choisissent de venir au Québec, les jeunes d’ici optent encore majoritairement pour des échanges avec des établissements anglophones.

«On pourrait penser que leur choix est essentiellement fondé sur le besoin de perfectionner leur maîtrise de la langue de Shakespeare, mais dans les faits, il existe presque autant de motivations qu’il y a d’étudiants internationaux», affirme Judith Beaulieu, conseillère-coordonnatrice à la Maison internationale de l’Université de Montréal.

Natasha Sirois, elle, voulait partir à l’aventure tout en améliorant ses compétences langagières. Le temps d’une session, cette finissante en administration des affaires à HEC Montréal a donc fréquenté la San Diego State University, en Californie.

Maxime Dea a pour sa part réalisé un vieux rêve en s’inscrivant à la maîtrise en droit international à l’Université de Cambridge, en Angleterre. «J’ai toujours voulu étudier dans une grande université. J’ai aussi été accepté à Harvard, mais le programme de Cambridge était plus intéressant. Et puis l’Europe offre plus de possibilités pour faire des voyages éclairs durant les fins de semaine!», souligne-t-il.

Le jeune avocat, qui travaille maintenant pour le cabinet BLG, à Montréal, n’en était pas à sa première expérience en contrée anglophone. Après avoir complété son baccalauréat et son Barreau, il a en effet étudié la common law durant une année à la Queen’s University, en Ontario. «Sur le plan de la langue, mon passage à Queen’s a été moins bénéfique que celui à Cambridge, parce que j’habitais avec des amis québécois. Je me retrouvais donc à parler français très souvent», raconte-t-il.

Alexander Tkachyk a lui aussi étudié en Ontario, à la Western University. Né d’une mère francophone et d’un père allophone – mais avec qui il n’a toujours discuté qu’en anglais –, il se considérait pratiquement bilingue, mais il souhaitait perdre son fameux accent québécois. «Par ailleurs, l’école de commerce de Western jouit d’une très bonne réputation», ajoute-t-il.

Durant ses premiers mois à London, Alexander se souvient qu’il réfléchissait uniquement en français. «Puis un matin, j’ai réalisé que j’avais rêvé en anglais. Je ne me souviens jamais de mes songes, mais celui-là m’a marqué!»

Tant Natasha que Maxime et Alexander reconnaissent que le fait d’avoir étudié en anglais leur a donné un bon coup de pouce sur le plan professionnel. Planificateur financier pour BMO, Alexander travaille par exemple auprès d’une clientèle majoritairement anglophone. «Je crois bien avoir perdu mon accent, puisque certains de mes clients ne me croient pas lorsque je leur dis que ma langue maternelle est le français!» se réjouit-il.

Étudier en anglais… en Chine?
Il n’y a pas que dans les pays anglophones où l’on puisse étudier dans la langue de Shakespeare; des contrées comme la Scandinavie, l’Europe de l’Est et même l’Asie offrent elles aussi ce genre d’occasion.

«Il s’agit d’un deux en un qui peut être intéressant, puisque les cours se déroulent dans une langue, et la vie de tous les jours se passe dans une autre langue. Malheureusement, ces destinations sont encore boudées au profit des véritables pays anglophones», note Judith Beaulieu de l’Université de Montréal.

La conseillère, qui a accompagné de nombreux étudiants dans la préparation de leur projet d’études à l’étranger, reconnaît que le niveau d’anglais en Chine ou en Lituanie n’est peut-être pas aussi élevé qu’au Royaume-Uni ou qu’aux États-Unis. «Cela n’empêche pas que l’expérience peut être tout aussi enrichissante», insiste-t-elle.

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