Métro En grande majorité, les francophones qui optent pour les études postsecondaires en anglais le font tout simplement pour maîtriser une deuxième langue, peu importe leur domaine d’études.

Si la tendance se maintient, de nombreux Québécois francophones seront de parfaits bilingues d’ici quelques décennies. Devant la perspective de l’instauration d’un marché mondial sans frontière, les francophones du Québec sont de plus en plus attirés vers les établissements d’enseignement postsecondaires anglais, où ils souhaitent parfaire leur maîtrise de cette deuxième langue officielle du Canada.

Dans les universités et les cégeps anglais de la province, les directions sont très heureuses d’accueillir les francophones qui désirent étudier en anglais. À l’Université Bishop’s, à Sherbrooke, les francophones ont la possibilité de présenter leurs travaux et d’écrire leurs examens en français, une pratique qui a cours officieusement depuis longtemps, mais qui a été officialisée en 2008. Les programmes d’apprentissage et d’amélioration de la langue anglaise de même que le tutorat sont aussi offerts aux étudiants francophones. «Environ un quart des étudiants de Bishop’s sont francophones, qu’ils viennent du Québec ou d’ailleurs, et environ la moitié d’entre eux n’ont jamais fait d’études en anglais auparavant», indique Célie Cournoyer, gestionnaire des communications à l’Université Bishop’s.

La proportion de francophones qui étudient en anglais au collégial se situe à environ 5 %, ce qui se traduit par entre 2 000 et 2 500 nouveaux inscrits annuellement. Ce taux a augmenté légèrement, selon Patrick Sabourin, de l’Institut de recherche sur le français en Amérique, qui a signé une analyse des comportements linguistiques des étudiants des cégeps anglais à Montréal en 2010. «Au début des années 1990, à peu près 3 % des francopho-nes fréquentaient le cégep anglais. On voit donc une légère augmentation. C’est la tendance des dernières années. Le taux de bilinguisme augmente d’année en année au Québec. Il y a des cours d’anglais dès la première année, et l’immersion anglaise est offerte en sixième année. Il est possible que plus de gens aient une plus grande maîtrise de l’anglais et qu’ils soient plus nombreux à aller étudier en anglais au cégep ou à l’université.»

En grande majorité, les francophones qui optent pour les études postsecondaires en anglais le font tout simplement pour maîtriser une deuxième langue, peu importe leur domaine d’études. «Les francophones vont au cégep anglais surtout pour perfectionner leur maîtrise de la langue anglaise, pas pour être bilingues, puisqu’ils le sont déjà, explique Patrick Sabourin. Ils veulent avoir une maîtrise totale de l’autre langue, être bilingues sans accent.»

Il explique que ces jeunes, à 80 %, veulent poursuivre des études universitaires en anglais et s’attendent à travailler en anglais à la fin de leurs études. «Les étudiants des cégeps anglais sont plus mobiles que les autres. Ils ont tendance, plus que la moyenne, à quitter le Québec pour aller travailler ailleurs.»

La porte-parole de l’Université Bishop’s, Célie Cournoyer, explique elle aussi l’intérêt des étudiants francophones pour l’anglais par l’atout que peut représenter la maîtrise de deux langues dans la vie professionnelle. «Ils savent qu’au Canada comme ailleurs dans le monde, l’anglais est devenu la langue par excellence des affaires et du travail, et ils veulent mettre toutes les chances de leur côté.»

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