L'église Madonna della Difesa est un symbole de la Petite Italie.

La Piccola Italia (Petite Italie) offre aux curieux une fenêtre ouverte sur le savoir-faire et les produits qui font la renommée de ce quartier. Voici quelques arrêts obligatoires.

La Casa d’Italia (505, Jean-Talon Est) abrite le centre communautaire italien. Elle fut construite en 1936 dans le style Art moderne, variante de l’Art déco qui privilégie les lignes horizontales et arrondies s’inspirant de l’aérodynamisme. En partie financée par Mussolini, elle présente toujours des symboles fascistes, notamment sur ses murs extérieurs.

Un groupe fasciste y avait d’ailleurs élu domicile avant la Seconde Guerre mondiale. Totalement rénovée et agrandie en 2011, elle abrite depuis peu un musée dédié à l’histoire de la communauté italienne à Montréal. Elle abrite aussi une salle de spectacle, une école culinaire et une bibliothèque.

Les anciens cinémas Rivoli et Château, situés sur Saint-Denis, de part et d’autre de la rue Bélanger, font partie de ces palaces de quartier reconvertis à d’autres usages. Le cinéma Château a été construit en 1931, et il loge aujourd’hui un lieu de culte. Le décor intérieur, exécuté dans un style Art déco exotique, est toujours en place. Le cinéma Rivoli n’aura pas eu cette chance, puisque seule la façade Adam de 1926 a été préservée, l’intérieur ayant fait place à une pharmacie.

L’église Madonna della Difesa,? sous le patronage de Notre-Dame-de-la-Défense, tire son inspiration du style romano-byzantin caractérisé par un traitement varié des matériaux disposés en bandes horizontales et par de petites ouvertures cintrées. Son plan basilical est inhabituel à Montréal. L’église fut dessinée en 1910 par le peintre, maître-verrier et décorateur Guido Nincheri. Il y travaillera pendant plus de 30 ans, exécutant l’ensemble du décor dans ses moindres détails.

Nincheri avait l’habitude de représenter des personnages contemporains dans ses vitraux et dans ses fresques à l’œuf, dont il maîtrisait très bien la technique. L’une d’elles, qui représente Mussolini sur son cheval, a longtemps suscité la controverse: effacer ou ne pas effacer? Elle est toujours visible au-dessus du maître-autel.

À l’ouest de l’église s’étend le parc Dante, au centre duquel trône un modeste buste du poète italien sculpté par Carlo Balboni en 1924. Les amateurs de bocce, la pétanque italienne, s’y donnent rendez-vous pendant la belle saison.

La caserne de pompiers no?31 est une réalisation du programme de création d’emploi de la Crise (1929). Le bâtiment de 1931 a été conçu dans le style Art déco. À l’angle des avenues Shamrock et Casgrain, on aperçoit un petit bâtiment de briques moderne aux coins arrondis qui abritait autrefois la clinique Jean-Talon, où plusieurs nouveaux arrivants allaient chercher soins et réconfort.

Le boulevard Saint-Laurent peut être décrit comme le «couloir» de l’immigration à Montréal. Depuis 1880, les nouveaux arrivants s’installent le long d’un segment précis du boulevard selon leur appartenance culturelle. Au bout de quelques décennies, ils quittent le secteur, pour ensuite se disperser dans la ville ou se regrouper dans un autre quartier.

Certaines communautés laissent peu de traces de leur passage sur le boulevard Saint-Laurent, alors que d’autres créent un quartier commercial où les descendants des premiers arrivants viennent se ressourcer en famille. Le boulevard regroupe, entre les rues De Bellechasse, au sud, et Jean-Talon, au nord, nombre de restaurants et de cafés italiens, ainsi que des magasins d’alimentation, tels que Milano, très courus les fins de semaine par les Montréalais de toutes les origines.

Pour manger à l’italienne

  • Café Italia
    6840, boulevard Saint-Laurent

On ne va pas au Café Italia pour sa décoration, les chaises dépareillées et le téléviseur occupant l’essentiel de l’espace, mais pour son atmosphère sympathique, ses excellents sandwichs et, surtout, son cappuccino, considéré par certains comme le meilleur en ville.

  • Pizzeria Napoletana
    189, rue Dante

Depuis 1948, cette pizzeria napolitaine sert de savoureuses pizzas à la pâte fine et croustillante, comme à Naples. La grande salle s’avère vite bruyante, mais le service est efficace. N’oubliez pas d’apporter votre vin, et de l’argent comptant pour régler l’addition.

  • Café Via Dante
    251, rue Dante

Ne vous fiez pas à son allure extérieure : passez la porte et vous voilà dans une jolie et invitante trattoria. Les recettes du nord de l’Italie sont concoctées comme dans les familles, avec patience et amour, en utilisant d’excellents ingrédients, pour un résultat toujours délicieux. Les plats affichés sur les grandes ardoises changent régulièrement, mais on y trouve souvent risotto, gnocchis et osso buco. Service sympathique.

  • Primo e Secundo
    7023, rue Saint-Dominique

Les aficionados de la cuisine gastronomique italienne se donnent rendez-vous au Primo e Secundo. Situé tout près du marché Jean-Talon, ce restaurant loge dans une maison restaurée. Le menu est inscrit sur les murs et change en fonction des arrivages, mais la carte propose toujours des plats de poisson, de crustacés, de veau et de pâtes voluptueuses. La carte des vins, quant à elle, offre un vaste choix de grands crus.

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