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Pourquoi tant de roux dans la peinture?

Pourquoi tant de roux dans la peinture? À partir de l’oeuvre du peintre Jean-Jacques Henner, connu pour ses nus de femmes alanguies à la chevelure rousse vaporeuse, une exposition se penche à Paris sur l’ambivalence des jugements et la fascination pour la rousseur.

«Roux ! de Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel»: le musée qui rassemble l’oeuvre de Jean-Jacques Henner (1829-1905) met ses tableaux voluptueux et mystérieux où les corps blancs dialoguent avec les chevelures de feu, en regard avec des peintures, croquis, affiches, photographies, dessins, masques, films…

Le musée d’Orsay, le Petit Palais, le MuCEM, le Quai Branly-Jacques Chirac, le Musée des Arts décoratifs notamment, et des collections particulières dont celle de la photographe contemporaine Geneviève Boutry et celle de Nathalie Rykiel, fille de la grande couturière Sonia Rykiel, ont prêté des oeuvres.

Plusieurs créations rendent hommage à cette designer d’exception, morte en 2016, et elle-même rousse.

«Dans l’histoire de la peinture, on a peint beaucoup de roux et de rousses et cette couleur n’est pas neutre. De Manet à Degas, les rousses sont nombreuses dans les tableaux du XIXe siècle. Leur représentation oscille entre l’image d’une femme sur un piédestal, séraphique, magnifiée, mythifiée par sa chevelure, et celle de la femme fatale, séductrice, pècheresse», observe auprès de l’AFP Claire Bessède, conservatrice du musée et commissaire de l’exposition.

De Sarah Bernhardt à la danseuse américaine Loïe Fuller, des rousses aguichaient le public parisien, qu’il achète de la poudre de maquillage ou se rende aux Folies-Bergère.

Des masques de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des peintures de l’Américain George Catlin représentant des chefs peaux rouges montrent des coiffures rousses symboles d’une toute puissance redoutable, presque magique.

L’exposition montre l’évolution de la représentation depuis le XXe siècle: «même si certains préjugés ont la vie dure, des héros de la jeunesses positifs comme Poil de Carotte, Spirou, Fifi Brindacier ou la famille Weasley dans Harry Potter, sont des roux», remarque la conservatrice, «C’est la revanche de la rousseur» notamment au travers de la bande dessinée, où le roux, garçon ou fille, va incarner l’aventurier, le coquin, l’audacieux, la gentille sorcière.

Cette exposition sera accompagnée jusqu’au 20 mai de nombreux événements –escape game, carnaval des roux, ateliers divers, concerts, conférences, et une journée festive « Tous roux! » pour célébrer la Saint-Valentin le 14 février, avec le photographe Pascal Sacleux, créateur du «Red Love Festival», qui a eu lieu à Châteaugiron, en août, près de Rennes.

Depuis sa réouverture après rénovation en mai 2016, ce musée situé dans le XVIIe arrondissement de Paris, à l’écart des flots touristiques, a développé le dialogue avec l’art d’aujourd’hui, créant notamment, en partenariat avec l’École des Beaux-Arts, une résidence d’artiste.

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