L’industrie minière québécoise est partie pour la gloire.
Depuis quelques mois, les annonces se succèdent à un rythme soutenu. De l’Abitibi à la Basse-Côte-Nord, en passant par la Jamésie, le Nouveau-Québec et les monts Otish, au-delà de Chibougamau, il est question de milliards de dollars à investir et de milliers de travailleurs à trouver. De l’or, du cuivre et du fer, mais aussi du nickel, des diamants, de l’uranium – le sous-sol du Québec se révèle encore plus riche qu’on le croyait. Et les prospecteurs cherchent fébrilement de nouveaux trésors. C’est immense, le Québec… Ils n’ont pas fini de fouiller.
Pourquoi toute cette agitation? Parce que la demande en provenance des économies émergentes, à commencer par l’Asie, ne dérougit pas. Les prix sont en hausse soutenue. À elle seule, la Chine pourrait consommer en 2030 tout le cuivre actuellement produit sur la planète si son économie continue à croître à un rythme même modéré, et si on n’ouvre pas de nouvelles mines d’ici là.
Si, si… tout n’est pas garanti. Mais l’appétit augmente. Avant, c’est l’économie américaine qui dictait le cours du marché. Plus maintenant. Le plus gros investissement annoncé jusqu’à présent vient d’Arcelor Mittal, une société d’origine indienne. Plus de 2 G$ viendront augmenter la production de sa mine de fer de Fermont. Une autre société indienne, Tata Steel, pourrait en investir davantage dans la région de Schefferville. La joute est devenue mondiale.
Mais encore faudra-t-il aplanir quelques obstacles. Le personnel qualifié se fait maintenant plus rare. L’activité est si forte en Abitibi qu’il n’y a plus un seul logement libre à Val-d’Or. Le seul projet d’Arcelor Mittal devrait créer directement et indirectement 8 000 emplois à Fermont et à Port-Cartier. Des emplois bien payés, mais qui va les occuper?
Par ailleurs, l’industrie minière va devoir montrer patte blanche. On s’attend d’elle qu’elle se conduise en citoyenne corporative modèle. Les projets doivent passer le test de l’acceptabilité sociale. Ils doivent être rentables pour l’ensemble de la collectivité, ce qui signifie des redevances et des rentrées fiscales appropriées. Et ils doivent être menés dans le respect des normes environnementales.
À cet égard, un récent rapport de la firme E&B Data évaluait à 281 M$, annuellement, la contribution fiscale nette de la filière minérale au Québec; et l’industrie dit être d’accord pour augmenter de 100 % le niveau de couverture des coûts pour la restauration des sites miniers.
Tant mieux si ça marche et si le fameux Plan Nord fonctionne. Le Québec tout entier en profitera.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.