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Quand les technologies du virtuel arrêtent le temps

BIG/AFP/REELAXNEWS - BUM Interactif

« Notre métier, c’est d’essayer de trouver les techniques les plus adéquates pour conserver numériquement ce qu’on ne peut pas garder physiquement », explique Yves Ubelmann, cofondateur avec Philippe Barthélémy d’Iconem, une start-up qui intervient sur des sites archéologiques menacés.

Le premier est architecte, spécialisé dans le patrimoine et l’archéologie; le second, ancien pilote d’hélicoptère, conçoit et pilote des drones pour la numérisation 3D.

Les deux fondateurs ont fait leurs premières armes en Afghanistan, sur le site archéologique de Mes Aynak, au sud de Kaboul. « C’est un site très riche, où on a retrouvé des monastères bouddhistes construits il y a 1500 ans, mais qui est menacé de destruction parce qu’il est situé sur une mine de cuivre qui va être exploitée », explique Ubelmann.

Iconem utilise des drones spécialement conçus pour « l’acquisition photogrammétrique »: les images et les données (coordonnées GPS, hauteur) capturées par le drone sont traitées par des algorithmes développés par l’Institut de recherche en sciences du numérique (Inria). Le résultat restitue un modèle 3D très précis du site, « une espèce de copie virtuelle ».

Le drone permet de faire des relevés sur des zones inaccessibles. « Ça nous a servi en Afghanistan où on a travaillé sur des zones qui n’étaient pas encore déminées », précise Yves Ubelmann.

Iconem développe également un projet sur le site de Pompéi, dont la fragilité se révèle jour après jour. « Le problème avec Pompéi, c’est que c’est tellement énorme qu’on a du mal à en avoir une vision précise », souligne Ubelmann.

La technologie a en outre l’avantage d’être rapide. « C’est appréciable quand on intervient dans des régions compliquées politiquement, avec des tensions sécuritaires ».

« Là où on est le plus utile aujourd’hui, c’est là où l’archéologie est menacée, pour au moins garder la mémoire », résume le président d’Iconem.

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