La nouvelle est tombée cette semaine : moins de six mois après la catastrophe écologique de la marée noire dans le golfe du Mexique, BP engrange un profit net de 1,8 G$ au dernier trimestre.
Même si, selon Le Parisien, «cette somme ne représente qu’un tiers des profits engrangés par BP un an plus tôt», on ne peut pas dire que c’est la grosse misère noire. Près de deux milliards pour un trimestre seulement, dus essentiellement à la remontée des prix du pétrole et du gaz naturel, ça dit tout!
Qui aura donc véritablement payé la note de 40 G$ pour la marée noire? Stephen Harper a déjà dit que les Canadiens se faisaient «escroquer» par les pétrolières, et Le Devoir du 21 octobre dernier titrait : «Prix de l’essence : les automobilistes se font siphonner 1,18 $ le litre», une hausse de 14 ¢ en un seul jour. Pacotille! Tout le monde sait que le bond du litre d’essence relève de la nature déchaînée, des Chinois, des démocrates (que les républicains vont remettre dans le droit chemin), de Discovery clouée au sol, du divorce de Christina Aguilera, name it! Jamais de l’appétit du cartel pétrolier!
Admirons les belles valeurs morales de BP qui, en 2007, a viré son président John Browne pour homosexualité. Il faut aussi ajouter que BP a soutenu financièrement des candidats «climatosceptiques» lors des dernières élections américaines de mi-mandat… Changements climatiques? Encore, je suppose, les puissants lobbies environnementaux qui veulent faire peur au monde et qui jalousent la réussite. Pis la marée noire n’a rien à voir avec le laisser-faire et la cupidité excessive des pétrolières. Les dirigeants n’y sont pour rien, même si aux États-Unis des experts affirment que BP savait que le puits était instable. Pas qu’un simple accident?
Une autre entrave qui va brimer la liberté des géants économiques : les Californiens ont voté majoritairement, au début du mois, pour un projet de loi visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) initié par le gouverneur Arnold Schwarzenegger. Ils ont rejeté une proposition financée à coups de millions par les pétrolières afin de reporter à tout jamais les objectifs de réduction des GES. Arnold a dit se réjouir, car «la tentative de suspendre [la loi] était l’Å“uvre des compagnies pétrolières cupides, qui ne voulaient rien d’autre que continuer à polluer notre État» (Cyberpresse, 3 novembre 2010). Un peu de retenue quand même!
Terminons sur une belle note : «BP est en hausse à la Bourse à la suite des rumeurs d’intérêt d’Exxon» (Reuters France, 5 novembre 2010), la plus grosse compagnie mondiale, dont le président a dit, en 2005, ne pas croire au réchauffement de la planète. Cette même pétrolière avait toutefois recruté, en 2005, le principal conseiller environnemental de George W. Bush, Philip Cooney, accusé d’avoir falsifié des rapports gouvernementaux pour minimiser l’effet des GES. Pourquoi les avoir tripotés alors qu’il n’y a pas de GES? Le marché «libre», c’est merveilleux!
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.