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L’Université de Montréal offre le seul cours en itinérance au Québec

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Alors qu’il y a trois ans qu’un manque de formation sur l’itinérance a été constaté par le gouvernement du Québec, l’Université de Montréal (UdeM) demeure le seul établissement postsecondaire québécois à proposer un cours dédié à l’étude de ce phénomène.

«Il n’y avait rien. Il n’y avait aucun cours en itinérance en milieu universitaire. L’UdeM est la seule université à proposer un cours sur l’itinérance», a indiqué à Métro la cotitulaire de l’école d’été sur l’itinérance et directrice de l’Observatoire sur les profilages (OSP), Céline Bellot.

Créé en 2014, le cours Enjeux et pratiques en itinérance, qui se déroule cette année du 28 août au 1er septembre, s’adresse entre autres aux policiers, aux gestionnaires et aux étudiants des cycles supérieurs. «Les étudiants et les professionnels viennent de différents milieux. Il y a entre autres des étudiants en médecine et en psychiatrie. Ça permet de créer une fausse équipe en itinérance au sein même de la formation»,a imagé Mme Bellot.

À la fin du mois de juin, 18 étudiants formés en travail social ou impliqués dans le milieu communautaire s’étaient déjà inscrits au cours. En comptant les professionnels, près d’une trentaine de personnes de différentes régions du Québec prendront part à cette formation théorique. 

Divers enjeux tels l’hébergement, les problèmes de santé, le dénombrement des sans-abris ainsi que la judiciarisation de l’itinérance seront abordés pendant cinq journées intensives. Une formation pluridisciplinaire réalisée par des professeurs de l’UdeM, mais aussi de l’Université McGill et de l’Université d’Ottawa. 

«Autant en travail social que dans le milieu policier, il y a un travail qui est fait afin de maîtriser l’itinérance, mais il y a un grand besoin d’approfondir les connaissances sur cet enjeu […] Ce cours correspond à un besoin réel», a affirmé Pierre Gaudreau, coordonnateur au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), un des organismes impliqués dans la conception du «canevas du cours». 

Un manque de formation
En 2014, la première politique nationale en itinérance du gouvernement du Québec faisait état d’un manque de formation sur ce phénomène. Depuis, des équipes spécialisées en itinérance  issues du milieu de la santé ont été mises en place dans plusieurs régions de la province.

«L’objectif, c’est d’être plus dans la prévention. On veut prévenir que les personnes deviennent itinérantes et entrent dans les refuges», a expliqué le directeur adjoint des programmes en santé mentale et en dépendance du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui possède depuis une vingtaine d’années une équipe en itinérance, Jason Champagne.

Selon lui, bien qu’«il y aura toujours du travail à faire, Céline Bellot a amené une piste de réponse» à la nécessité de s’initier à la complexité de cet enjeu.

«Avant, on se concentrait sur l’aide de dernier recours. On misait sur les refuges, alors que ça prend également une formation universitaire [sur l’itinérance] pour aller plus loin» -Céline Bellot, co-titulaire de l’école d’été sur l’itinérance de l’UdeM.

La professeure explique que cette formation s’ajoute à l’horaire déjà chargé des professeurs impliqués, ce qui justifie que le cours soit offert l’été.«C’est le mieux qu’on puisse faire, mais il y a certainement intérêt à ce qu’on crée une formation complète, un diplôme en itinérance», a-t-elle lancé.

En effet, Mme Bellot envisage de «créer un micro-programme [en itinérance]. On voudrait décliner chacune des journées [thématiques] comme un cours complet» de 45 heures, a-t-elle confié. 

Infos

Enjeux et pratiques en itinérance (PRX 6001).

Cours offert à l’Université de Montréal.

Du 28 août au 1er septembre.

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