Montréal

Les grands brulés du froid

Le couvre-feu inapplicable aux itinérants

En théorie, tous les itinérants de Montréal devraient pouvoir compter sur un lit au chaud par ces temps glaciaux. En pratique, toutefois, de nombreux sans-abri ne profitent pas des ressources disponibles, au péril de leur vie.

Malgré les ressources mises à la disposition des personnes itinérantes, année après année, l’histoire se répète. À la même période l’an dernier, un homme de 55 ans mourait d’hypothermie après avoir passé deux nuits près d’un édifice de la rue René-Lévesque, trop mal servi par un simple sac de couchage. Mardi, la Ville de Toronto annonçait la mort d’un sans-abri, visiblement terrassé par la température glaciale.

Une situation difficilement explicable, puisque les services sociaux et les organismes assurent que tout est mis en œuvre pour offrir un toit à chaque itinérant de la métropole. En dépit d’une occupation maximale des refuges, la nuit dernière, le mot d’ordre était clair. «Les centres d’hébergement ne refusent personne, assure Marie-Josée Thibert, relationniste à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Si tous les lits sont occupés, exceptionnellement, des matelas seront installés sur le plancher.»

En outre, les itinérants ne sont pas un groupe homogène, et certains d’entre eux ne peuvent pas ou ne souhaitent pas bénéficier des ressources disponibles. «Les explications ne se résument pas à une phrase, poursuit Mme Thibert. Il y a des problèmes de toxicomanie et de santé mentale. Des fois, c’est aussi une question de choix.»

Justement, pour éviter ces cas d’exception, une équipe du Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance ratisse les recoins de Montréal à la recherche de personnes désorientées ou récalcitrantes. Elle encourage ces itinérants à se présenter aux refuges disponibles et, au besoin, leur distribue des tuques et des mitaines.

Mais toutes ces mesures restent insuffisantes pour éviter sinon des drames, du moins des blessures sérieuses dues au froid. Tous les hivers, le Centre des grands brûlés du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) traite des patients sans-abri. Comme le feu, le froid éolien peut faire des ravages sur la peau, surtout aux extrémités. «Nous recevons plusieurs itinérants qui ont été brûlés par le froid et qui souffrent notamment d’engelures», confirme Lucie Dufresne, conseillère en communication au CHUM.

Ces lésions, par temps glacial, peuvent se former en une dizaine de minutes seulement. Les engelures profondes peuvent mener à l’amputation. L’hypothermie, souvent aggravée par des problèmes d’alcoolisme, peut quant à elle être mortelle.

Hypothermie
Symptômes lors d’une chute de la température du corps :

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