Se préparant à affronter un engouement pour le Parti libéral et son nouveau chef Justin Trudeau, les membres du Nouveau Parti démocratique (NPD) réunis à Montréal ont voté pour un retrait de la notion «socialisme» de la constitution afin d’augmenter leurs chances électorales.
C’est au milieu de la troisième et dernière journée du congrès politique du NPD, les néo-démocrates ont débattu vivement durant 40 minutes avant d’adopter la résolution visant à moderniser le contenu du préambule de la constitution, qui date de 1961.
Ainsi, ils étaient 960 contre 180 dimanche a avoir voté pour l’adoption du nouveau texte, qui ne mentionne qu’une seule fois son héritage socialiste en décrivant le parti comme ayant des «traditions sociales démocrates et socialistes démocrates».
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Thomas Mulcair a clairement indiqué en conférence de presse qu’une telle modification permettrait de se recentrer sur l’échiquier politique. «Le NPD formera le prochain gouvernement, en 2015, et pour y arriver il est nécessaire d’aller au-delà de notre base», a insisté M. Mulcair, qui dit ne pas craindre la remontée en popularité du Parti libéral du Canada (PLC) .
«Le PLC a changé sept fois de chef en dix ans, ils ont à chaque fois parlé et n’ont jamais agi», a-t-il martelé.
Des militants du NPD ont mentionné leur crainte que le changement de préambule fasse fuir certains supporters. «C’est en faisant campagne sur nos principes socialistes que nous avons augmenté la confiance des Canadiens, ce n’est pas le moment de prendre le risque de se confondre aux libéraux», a laissé savoir Atefa Akbary, une militante québécoise.
Alexandre Boulerice, député NPD de Rosemont-La Petite Patrie, croit plutôt que «le nouveau texte permettra au public de mieux comprendre les valeurs du parti, comme le respect de l’environnement grâce à une économie réglementée.»
C’était la troisième fois que le sort du terme socialisme faisait l’objet de débats animés, après les congrès néodémocrates de 2009 et 2011.