La hausse de 2,25 $ du prix de la CAM mensuelle annoncée hier par Métro a surpris Normand Parisien, président de Transport 2000, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, et l’Union des consommateurs, qui se sont dits déçus par la décision de la Société de transport de Montréal (STM).
«Si la STM augmente bel et bien le prix de la CAM de 2,25 $, ça me renverse, a déclaré Richard Bergeron en entrevue à Métro. D’autant plus qu’avec la disparition des cartes magnétiques au profit de la carte Opus, la STM économise chaque mois 0,50 $ en production, qu’on continue pourtant de payer, et nous charge 3,50 $ pour la carte Opus, ce qui correspond à environ 0,25 $ par mois. Bref, avec cette hausse déguisée de 0,75 $, on ne parle plus d’une hausse de 2,25 $, mais de 3,00 $.
Le rythme auquel croissent les tarifs de la STM irrite également l’Union des consommateurs. «C’est très regrettable que les usagers du transport en commun aient encore à subir des hausses tarifaires, a expliqué Charles Tanguay. D’autant plus que le rythme de croissance des tarifs est beaucoup plus élevé que celui de l’inflation.»
De l’avis de Transport 2000, une association vouée à la défense des usagers du transport en commun, cette nouvelle hausse n’aidera en rien la promotion du transport en commun.
«On aurait souhaité une pause dans cette avalanche de hausses de tarifs, et même plus, a indiqué Normand Parisien. Ce qu’on vise, c’est une diminution de 50 % du prix de la CAM en 10 ans, ce qui favoriserait l’accessibilité et augmenterait l’achalandage du transport en commun.»
Stratégie questionnée
Tant Richard Bergeron que Normand Parisien se sont questionnés sur la pertinence d’annoncer une nouvelle hausse de tarif à la STM.
«Si la Ville veut mobiliser la population pour demander au gouvernement d’augmenter le financement du transport en commun, c’est une mauvaise stratégie d’augmenter les prix, estime le président de Transport 2000. Tout ce que ça fait, c’est braquer la population contre l’administration.»