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Montréal

Agressions sexuelles – Recours collectif contre le Collège de Montréal

L'édifice principal à l'entrée du Collège de Montréal.

Le Collège de Montréal.

Une demande de recours collectif vient d’être déposée contre le Collège de Montréal par un ancien élève qui allègue avoir été agressé sexuellement par un employé du collège. Au moins une autre personne aurait été agressée et les avocats cherchent d’autres victimes.

Selon la demande déposée en cour, la victime, identifiée uniquement par les lettres «T.R.», aurait fréquenté le collège dans les années 1990. Son agresseur serait un employé des services aux étudiants qui était notamment surveillant pendant les retenues.

Victime d’intimidation, T.R. aurait utilisé le bureau de l’employé comme safe space pour fuir ses bourreaux. Il s’y réfugiait notamment pendant l’heure du midi.

L’homme lui aurait aussi fait bénéficier de «privilèges», comme des bonbons ou la possibilité de jouer à des jeux vidéo. Il aurait parfois amené T.R. au McDonald près de l’école et lui aurait fait des lifts après des pratiques ou des matchs de handball.

C’est pendant ces lifts que l’homme aurait touché la cuisse de T.R. une première fois. Puis une seconde. Après l’avoir fait à quelques reprises, l’homme aurait masturbé sa victime.

Dans la demande de recours collectif, T.R. affirme avoir figé chaque fois que son agresseur le touchait. Il affirme avoir toujours refusé de toucher son agresseur en retour.

Recherche d’autres victimes… et d’autres agresseurs

Les gestes reprochés à l’employé du Collège de Montréal auraient commencé dès la première année de secondaire de T.R. Ils se seraient poursuivis jusqu’en secondaire 3, lorsque l’homme a été renvoyé par le Collège.

T.R. affirme, dans sa demande, qu’un autre élève l’aurait approché en secondaire 2 pour savoir si le même employé lui aurait aussi fait des «gestes bizarres». T.R. aurai nié à l’époque. Mais cet échange lui fait croire que d’autres personnes ont été victimisées par le même employé.

«Considérant le modus operandi de [l’employé], l’impunité dont il a joui pour agresser le Demandeur durant près de trois ans et le nombre d’élèves qui ont fréquenté le Collège depuis 1966, il est raisonnable de croire que plusieurs jeunes ont été agressés sexuellement par lui et/ou par d’autres membres du personnel du Collège.»

En plus de rechercher d’autres victimes de l’employé en question, les avocats de T.R. demandent à ce que les victimes potentielles d’autres agresseurs se manifestent. Ils accusent le Collège de Montréal d’avoir mis en place une «culture du silence» plutôt que d’aider les victimes.

Le recours collectif vise l’institution plutôt que l’agresseur lui-même. Les avocats de T.R. soulignent que l’homme agissait dans le cadre de ses fonctions et utilisait les locaux du Collège lorsqu’il a mis en confiance sa victime, et même lorsqu’il aurait perpétré certaines des agressions. Ils arguent donc que le Collège de Montréal est responsable des dommages subis par par T.R. et par toute autre victime qui se manifesterait.

«J’entreprends cette démarche pour donner un accès à la justice à tous ceux, qui comme moi, ont subis des agressions au Collège. Mais surtout, nous le faisons afin de nous libérer de cette souffrance, sentiment de culpabilité et colère qui nous ronge l’intérieur depuis tant d’années», affirme T.R. dans un communiqué émis par le cabinet qui le représente.

Le Collège de Montréal vient d’être informé de la demande d’autorisation de recours collectif déposée et doit en prendre connaissance dans son entier. Compte tenu des démarches judiciaires actuellement en cours, le Collège ne peut commenter les détails spécifiques de ce dossier. Nous collaborerons pleinement avec les autorités et les instances judiciaires concernées tout au long de ce processus.

Le Collège de Montréal indique collaborer avec les autorités, mais ne souhaite pas commenter le dossier puisqu’il est judiciarisé. L’institution dit prendre au sérieux les dossiers de nature sexuelle, ainsi que les actes de violence et l’intimidation.

«À cet effet, le Collège s’est entre autres doté d’un code d’éthique pour les membres de son personnel plusieurs années avant l’imposition par le gouvernement. Le Collège a également un Plan de lutte contre l’intimidation et la violence, qui encadre la prévention, le signalement et la gestion de toute situation de cette nature au sein de l’établissement», nous dit-on par courriel.

Toute personne qui a été victime d’une agression de la part d’un employé du Collège de Montréal est invitée à contacter le cabinet d’avocats Dufresne Wee s.e.n.c.r.l. pour s’inscrire au recours collectif.

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