L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) lance un nouveau chantier d’études ciblant huit zones afin d’orienter le développement du transport collectif dans le Grand Montréal pour les prochaines décennies. Ces études, qui s’échelonneront jusqu’en 2029, visent à identifier les investissements les plus porteurs, alors que des projets majeurs comme le REM et le prolongement de la ligne bleue sont déjà en cours de réalisation.
Selon Benoit Gendron, directeur général de l’ARTM, la planification du transport collectif doit s’inscrire dans une démarche permanente. «Les projets qui façonnent le réseau de demain sont déjà en marche, mais notre travail ne s’arrête pas là. Pour répondre aux besoins des prochaines décennies, nous devons dès maintenant réfléchir aux étapes qui suivront», a-t-il déclaré.
Les zones d’étude couvriront des secteurs stratégiques répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain:
- 2026: Chomedey – Saint-Laurent et Secteurs centraux de Montréal – zone Ouest
- 2027: Corridor laurentien et Les Moulins
- 2028: Corridor montérégien et Saint-Laurent – Ahuntsic – Montréal-Nord
- 2029: Marguerite-d’Youville et Roussillon
Laval et Saint-Laurent en priorité
La première étude à être réalisée portera sur la zone Chomedey – Saint-Laurent. Le territoire étudié englobe le sud de Laval, les deux branches de la ligne orange du métro, la portion centrale de la ligne Deux-Montagnes du REM et l’éventuelle antenne vers l’aéroport, ainsi qu’une portion des lignes de train vers Saint-Jérôme et Mascouche. Les résultats seront rendus publics à l’automne 2026.
Ce secteur est névralgique pour l’avenir du développement du transport. Non seulement d’importantes voies de transport traversent déjà la zone, mais le secteur est appelé à être complètement revu avec l’inauguration récente du REM.
Déjà, la Société de transport de Montréal (STM) a revu l’ensemble de sa désserte en autobus pour cette zone et les secteurs plus à l’ouest.
Par le passé, le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, a réclamé le prolongement de la ligne orange vers la station Bois-Franc du REM. Ce prolongement permettrait de désengorger le REM lors de pannes importantes.
Le maire de Laval, Stéphane Boyer, voit plus grand. Il réclame depuis plusieurs années le raccordement des deux branches de la ligne orange en prolongeant la branche ouest. Ce projet coûterait entre 1,8 G$ et 6 G$, selon le scénario choisi.
La zone centrale, comprenant des portions des arrondissements de Ville-Marie, du Sud-Ouest, de Côte-des-Neiges, de Villeray, du Plateau et de Rosemont, sera également analysée en 2026. Ce secteur comprend notamment le Royalmount, inauguré en 2024, et l’ancien hippodrome.
À terme, l’ensemble de ces huit études permettra à l’ARTM de disposer d’un portrait complet des besoins de mobilité à l’échelle du Grand Montréal.
Moins d’argent pour du neuf
Les études de l’ARTM s’insèrent dans un contexte où l’argent pour les infrastructures neuves sera vraisemblablement plus rare au cours des prochaines années. Plus de 40% des infrastructures existantes, tant provinciales que municipales, sont désuètes.
Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a fait connaître son intention de se concentrer davantage sur les infrastructures existantes. Même son de cloche du côté du Parti québécois, favori dans les sondages pour former le prochain gouvernement. Son chef Paul St-Pierre Plamondon a d’ailleurs menacé de retirer le Québec du projet de train à grande vitesse pour se concentrer sur l’entretien, même si le Québec n’injecte aucuns fonds dans ce projet.
L’ARTM reconnaît que le financement du transport collectif demeure un défi important dans le contexte actuel. Néanmoins, l’organisation entend poursuivre ses travaux de planification afin d’être prête lorsque la situation financière sera plus favorable. «Nous devons poursuivre la planification, définir les priorités et nous assurer que les projets de demain répondront aux besoins réels des citoyens et des territoires», affirme Benoit Gendron.
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