Montréal

À l'ère de l'autobus 2.0

Le succès du transport par autobus passe par la modernisation, selon les principales sociétés de transport de la métropole qui sont en train de moderniser leurs flottes de véhicules pour pouvoir les suivre en temps réel et informer leur clientèle de tout retard. Dans le jargon, on appelle cela un Système d’aide à l’exploitation et d’information aux voyageurs (SAEIV).

La plus avancée en cette matière, est la Société de transport de Laval (STL). Depuis les 8,3 M$ investis en 2009, ses 235 autobus sont dits «intelligents». Cela signifie que chacun d’eux est relié par GPS à un centre de contrôle, où des superviseurs suivent ses trajets en direct et au coin de rue près. Si l’un d’eux tombe en panne ou si la rue est bloquée, la réaction est plus rapide. Dans chaque autobus, le chauffeur est avisé par écran s’il est en avance ou en retard afin qu’il ajuste sa vitesse en conséquence. «On a désormais un taux de ponctualité de 92 %, l’un des meilleurs au Canada», se réjouit Pierre Giard, DG de la STL.

Grâce au système, chaque autobus envoie un signal à une société californienne qui le réachemine à une centaine d’afficheurs placés aux arrêts de bus stratégiques. On y indique le temps réel d’attente avant les deux prochains passages. «Ça évite les émotions négatives qui sont liées au fait de ne pas savoir combien de temps il faudra attendre», ajoute M. Giard.
La même information peut être diffusée sur le site internet (STL Synchro) ou sur iPhone. Par ailleurs, il y a un autre frein à l’utilisation de l’autobus : les véhicules sont souvent pleins à craquer. Pour tenter de remédier à ce problème, la STL a installé des compteurs automatiques de passager dans chaque véhicule. Elle peut désormais savoir sur quelles lignes il faut augmenter la cadence. 

Côté syndical, on ne croit pas que ce «remède» suffira. «Il y a un problème de retards à la STL, car la planification est mal faite, les chauffeurs n’ont pas assez de temps pour effectuer leurs circuits, clame Richard Ouimet, président du syndicat des chauffeurs. Si c’est pour annoncer régulièrement des retards aux usagers, je ne crois pas que ce système soit pertinent.»

La STM veut aussi prendre le virage
D’ici 2015, la STM aura un système similaire pour ses 1 800 autobus. Toutefois, l’emprunt de 180 M$ nécessaire à la réalisation du projet a été retardé, car les élus du conseil d’agglomération veulent plus de détails. Ils se demandent notamment pourquoi il en coûterait 100 000 $ par autobus à Montréal contre 35 000 $ par autobus à Laval.

Pour expliquer cette différence, Pierre Dauphinais, directeur exécutif de la Gestion des projets majeurs à la STM, avance plusieurs raisons. En plus d’opter pour un système de communication plus cher, mais mieux adapté à la taille du réseau montréalais, la STM aura un système automatisé de régulation du trafic. On pourra synchroniser les feux de circulation pour qu’ils passent au vert plus rapidement si l’autobus est en retard. La STM a aussi prévu 25 % de marge  pour faire face aux aléas. «Il faut aussi comprendre qu’il s’agit d’un coût total qui comprend la formation des chauffeurs, et que d’ici cinq ans les prix auront augmenté», ajoute M. Dauphinais.

Contrairement à la STL, la STM ne scindera pas le contrat entre plusieurs fournisseurs. «C’était plus risqué techniquement, mais en termes de coût, on a été gagnants», confie le DG de la STL.

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