Un regroupement de gauche, baptisé Mouvement québécois pour une décroissance conviviale (MQDC), se lance à l’assaut du Grand Prix du Canada. Mené par le père de la simplicité volontaire, Serge Mongeau, le MQDC souhaite «dessouffler la baloune» de la grand-messe de la Formule 1.
Un rassemblement symbolique, auquel près de 200 personnes sont attendues, se tiendra dimanche prochain au parc La Fontaine. Des centaines de balounes seront dessouflées à 13 h précises, au moment où le départ du Grand Prix sera donné sur le circuit Gilles Villeneuve. Serge Mongeau et Amir Khadir, député de Québec solidaire, prendront ensuite la parole. Entre-temps, un texte dénonçant «les excès du Grand Prix» sera publié mardi dans Le Devoir.
«Nous vivons dans une société de surconsommation et nous arrivons à la limite de ce qui est possible, a indiqué Jean-Luc Mongeau, responsable des communications pour le MQDC. Et là, on nous arrive avec une grand-messe qui ne vise qu’à montrer qui a le moteur le plus puissant et qui prône une utilisation sans restriction des hydrocarbures. C’est pourtant le contraire qu’il faut mettre de l’avant.»
Le MQDC espère que le rassemblement de dimanche, dont ce sera la première mouture, saura faire réfléchir les gens sur les valeurs véhiculées par le Grand Prix et sur les conséquences qu’a sa tenue sur l’île Notre-Dame.
«On dit que le Grand Prix est payant pour Montréal, mais ce n’est pas parce que c’est payant que c’est intéressant, a soutenu M. Mongeau. Bien sûr, il y a de l’argent qui entre dans les coffres de la Ville, mais est-ce que cet argent parvient à combler tous les inconvénients qu’a le Grand Prix en terme de pollution et de bruit? Ce n’est pas si sûr. C’est un argument facile de dire que c’est payant pour la Ville, mais il y a des limites au paradigme économique.»
Bien qu’il ne se fasse pas beaucoup d’illusion sur l’impact que pourra avoir le rassemblement de dimanche compte tenu de l’intérêt que portent encore les Montréalais au Grand Prix, Jean-Luc Mongeau rêve que cette action symbolique prenne de l’ampleur au cours des prochaines années.
Mon rêve le plus fou, c’est qu’on soit capable d’encercler le territoire du Grand Prix avec des manifestants qui se tiennent par la main, a-t-il lancé. Ça n’arrivera peut-être que dans 10 ou 20 ans, mais d’ici là, on continuera de dire : « Ne nous prenez pas pour des épais! ».»