Le Parti Québécois s’inquiète d’une enquête sur les fuites au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dans ce qui est maintenant devenu l’affaire Davidson, cette «taupe» qui a tenté de vendre une liste de noms d’informateurs de la police au crime organisé.
Les faits ont été révélés par divers médias, à la suite de quoi Ian Davidon s’est enlevé la vie, le 18 janvier.
Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a demandé à la Sureté du Québec (SQ) d’enquêter sur les fuites qui ont permis aux journalistes de sortir l’histoire.
Bertrand Saint-Arnaud, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, a dénoncé le mandat de cette enquête qui, selon lui, ne vise pas la bonne cible.
«Qu’est-ce qu’il y a dans l’affaire Davidson qu’on ne veut pas que le public sache? s’est-il interrogé jeudi au cours d’un point de presse. On se demande si on n’est pas dans une république de banane quand on est rendu à intimider les gens qui parlent aux journalistes. C’est extrêmement grave.»
Ce dernier demande une enquête indépendante qui pourrait, par exemple, être réalisée par un juge à la retraite. Il soutient que le problème n’est pas que des gens ont révélé l’information aux journalistes mais bien qu’il existe des failles dans la protection des informateurs au SPVM.
M. Saint-Arnaud a par ailleurs rappelé que c’est parce que des gens ont parlé à des journalistes que le voile a pu être levé sur les problèmes de collusion dans le milieu de la construction. Il a également cité le cas du scandale des commandites dont la lumière a pu être faite grâce à Ma Chouette, cette source qui avait révélé des informations au journaliste Daniel Leblanc, du Globe and Mail.
Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Brian Myles, s’est dit à son tour inquiet du mandat de cette enquête. «Je regarde ce que le ministre Dutil a demandé et il n’y a rien qui nous garantit qu’on ne commencera pas à mettre les journalistes sous écoute ou qu’on ne fouillera pas dans nos sources, et ça c’est très grave», a-t-il déclaré.
M. Davidson se savait sous enquête depuis quelques mois. Il avait été interpelé, en octobre, à l’aéroport Montréal-Trudeau et s’apprêtait à s’envoler pour le Costa Rica. Aucune accusation n’avait toutefois été portée contre lui. La vieille de sa mort, il avait été informé que son nom allait être publié dans les médias.
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