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La CSQ presse le gouvernement d’agir pour les élèves en difficulté

À la veille de la rentrée scolaire, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a demandé au gouvernement du Québec de mettre rapidement en application les principes élaborés dans sa Politique de réussite éducative, dimanche.

Sondages à l’appui, la centrale syndicale a soutenu que les besoins des élèves en difficulté étaient toujours pressants, malgré les annonces du ministère de l’Éducation.

«Une politique éducative c’est bien, une vision globale aussi. Mais concrètement, dans nos classes, il y des besoins et ils sont de plus en plus nombreux, particulièrement pour les élèves en difficulté d’adaptation et d’apprentissage», a soutenu Louise Chabot, présidente de la CSQ.

«Pour ces jeunes, qu’ils soient au primaire ou au secondaire, il y a un besoin immédiat criant. Si on veut influencer leur réussite éducative, il faut absolument agir sur ces élèves-là.»

Selon un sondage mené par la CSQ, qui représente près de 100 000 membres du personnel de l’éducation dans la province, 88,3% des membres du syndicat sont témoins quotidiennement d’une insuffisance de service aux élèves en difficulté.

Une proportion semblable (88,1%) constate que les élèves en difficulté sont plus nombreux qu’avant et 91,6 % des membres considèrent que leurs besoins sont d’une plus grande complexité.

On est encore dans une philosophie de gestion axée sur les résultats, où on veut améliorer les statistiques, mais sans donner les moyens nécessaires pour le faire. (…) On nous dit de regarder vers l’avant, d’être positifs, mais les coupes qui ont eu lieu dans le passé ont une influence directe sur tout le personnel de l’éducation en ce moment.  – Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)

Lancée en juin, la Politique de réussite éducative avait établi plusieurs objectifs ambitieux, comme l’atteinte d’un taux de diplomation de 85% d’ici 2030 et la révision du modèle de financement des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA).

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx avait également promis 7200 nouvelles ressources dans le réseau public, dont 1500 dès la rentrée 2017.

Or, ces forces fraîches se font toujours attendre selon la CSQ.

«Même si on voit quelques progrès, le problème est loin d’être réglé, a indiqué Johanne Pomerleau, présidente de la Fédération des professionnelles et des professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ). Des professionnels devraient être embauchés dans plusieurs commissions scolaires, particulièrement en orthophonie et en psychoéducation. Malheureusement, pour l’instant, ces ajouts ne compensent pas toutes les coupes qu’il y a eu dans les dernières années, soit 375 postes.»

«De plus, les ajouts se font de façon très variable d’un milieu à l’autre. Certains corps d’emploi essentiels pour aider les HDAA, comme les psychologues et les ergothérapeutes, semblent ignorés.»

«Ça résulte beaucoup plus en augmentation d’heures et non pas en augmentation d’individus, a jugé Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de scolaire (FPSS-CSQ). Quelqu’un qui faisait 22-23h par semaine a peut-être vu son poste abolir pour un poste de 25-26h. En bout de ligne, est-ce que deux heures de plus changent vraiment quelque chose pour offrir un service adéquat?»

Selon les chiffres avancés par la CSQ, les élèves HDAA représentaient 21% du corps étudiant dans les écoles publiques lors de l’année scolaire 2015-2016. Ils étaient 12% en 2001-2002. De ce nombre, 41% quittent l’école avant d’obtenir un premier diplôme.

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